L'éthique de l'IA : porno Deepfake & ChatGPT

Pour moi, l'IA est un sujet à la fois fascinant et effrayant. D'un côté, elle a et continue de faciliter nos vies à bien des égards — une affirmation que j'ai un peu de nervosité à écrire tant, ces derniers temps, on est arrivé à penser surtout au « danger » que represente l'IA. Ce qui m'amène au point suivant.

La manière dont l'IA est utilisée et le genre d'avenir qu'elle pourrait engendrer si l'on n'y prend garde — ou peut-être si nous n'augmentons pas la qualité de notre conscience et de notre être — soulève de vives inquiétudes.

Je voudrais exposer certaines questions d'ordre éthique concernant l'IA déjà implémentée dans le monde réel, de la plus insignifiante à la plus préoccupante.

Commençons par un bref aperçu des différents types d'IA existant.

Comme établi par le site BuiltIn :

  1. Machines réactives : Une technologie en mesure de réagir à des stimuli externes en temps réel, mais incapable de construire une base de mémoire ni de stocker de l'information pour un usage ultérieur (filtrage des courriels, recommandations de films ou de musiques basées sur ce que vous aimez).
  2. Mémoire limitée : Des machines pouvant stocker des connaissances et s'en servir pour apprendre et s’entraîner à des tâches futures (chatbots, robots aspirateurs, véhicules sans conducteur).
  3. Théorie de l'esprit : Concept selon lequel l'IA peut percevoir et réagir aux émotions humaines tout en effectuant les tâches des machines à mémoire limitée.
  4. Conscience de soi : Stade final de l'IA où les machines peuvent non seulement reconnaître les émotions d'autrui mais également développer une identité propre et une intelligence au niveau humain.

Comme on peut le constater, l'IA nous a été très utile et existe depuis longtemps. On peut voir également que le quatrième type a l'air très effrayant. Si quelqu'un parvient enfin à créer cela, on n'a vraiment aucune idée de ce qui pourrait arriver.

Un léger inconvénient

Mais même l'IA dont nous disposons actuellement soulève de nombreux problèmes et questions d'ordre éthique que nous devons examiner. Commençons par quelque chose de simple.

Voici, ci-dessous, le récit d'un collaborateur de Collective Evolution et de The Pulse, dans lequel il partage certaines idées concernant le problème de l'intelligence artificielle.

L'intérêt que je porte aux éventuelles conséquences de l'évaluation de l'information par des machines dans d'autres machines a vu le jour, il y a quelques semaines, lors d'un déplacement hors de l'état. En prenant de l'essence, la pompe est tombée en panne et je suis donc passé à une autre pour finir mon plein.

Ensuite ma carte de crédit a été refusée et j'ai dû appeler la société. En outre, j'ai reçu un courriel d'alerte à la « fraude éventuelle ». Comme le dysfonctionnement de la pompe était bizarre, j'ai pensé que j'avais peut-être été piraté mais lorsque j'ai appelé la société, il s'est avéré qu'il n'y avait aucune fraude — que les « ordinateurs » avait simplement décidé que mon anomalie était suffisamment irrégulière pour justifier la gêne occasionnée en bloquant mon crédit.

Lorsque je m'en suis plaint, la personne du département des fraudes m'a simplement répondu : « C'est notre politique. Si le logiciel déclenche une alerte, nous devons agir. » Cela m'a rappelé la célèbre réplique de Hank Paulson, ancien secrétaire d'état au Trésor, lorsqu'on lui avait demandé pourquoi les banques avaient besoin d'un renflouement de 800 milliards de dollars en 2007.

« C'est ce que les ordinateurs nous ont dit » avait-il déclaré.

Le problème est qu'un grande part de cette « intelligence artificielle » est sans fondement, non prouvée et tout bonnement erronée. Tout comme il n'y avait eu aucune fraude sur ma carte de crédit, juste un couac à la pompe à essence — mais comment tenir pour responsable un programme informatique ?

Il m'est arrivé la même chose à maintes reprises mais de manière différente. « Les ordinateurs ont détecté une erreur ». Alors avec ces scénarios, on voit les grandes différences qui existent entre la réaction d'une machine et celle d'un humain. Combien de fois cela arrive-t-il ? Quelles solutions pouvons-nous apporter à ces scénarios ?

Élaboration du problème : les milieux universitaires et la recherche de sens

ChatGPT est un outil intelligent qui fait actuellement couler beaucoup d'encre. Il s'agit d'un ChatBot ou agent conversationnel répondant aux questions posées par les utilisateurs. Les réponses imitent une conversation humaine naturelle et sont issues d'informations collectées sur internet. On peut s'en servir pour écrire des articles, des dissertations, des publications sur les médias sociaux, des livres, et bien plus encore.

Certaines des questions d'ordre éthique soulevées concernent les essais et projets universitaires. Si des étudiants peuvent maintenant entrer quelques questions à un ChatBot et recevoir des rédactions toutes faites, devraient-ils recevoir le même mérite ? Si aujourd'hui l'accès à l'information est aussi simple, ne risquons-nous pas de perdre la pensée critique et la créativité que nous apporte le fait d'effectuer ce travail nous-mêmes ?

ChatGPT peut également servir dans la sphère journalistique. Et si l'ère du Covid nous a appris quelque chose, c'est que c'est là une pensée effrayante.

Un journaliste ou reporter de n'importe quel organe de presse peut simplement injecter quelques questions au sujet d'un événement en cours dans ChatGPT qui lui pondra un article qu'il sera difficile de savoir s'il a été écrit par un humain ou une IA.

Mais au-delà demeure la question de ce qui est vrai. Lorsque l'on peut censurer l'information en ligne et que les « faits » sont décidés par les « fact-checkers », comment l' IA sait-elle contourner ce problème ? L'IA sera-t-elle même en mesure de puiser dans des faits qui ont été effacés d'internet comme dans le cas de l'emploi de Jordan Walker chez Pfizer ? À l'évidence, non.

Les organes de presse étant privés de revenus, surtout les médias indépendants comme nous, les sociétés seront incitées à remplacer les rédacteurs et reporters par des bots d'IA. Il y a aura encore moins d'esprits impliqués dans la bonne recherche de sens et les récits pourront être élaborés par des puissants, ensemençant le public avec les idées qu'ils veulent lui faire connaître tout en effaçant les autres.

C'est une pensée préoccupante d'envisager que notre paysage informationnel puisse même empirer. Mais au cas où vous vous poseriez la question, non, ce n'est pas quelque chose que nous ferions.

Mais cela nous ramène au point de départ du problème expliqué plus haut par Tom au sujet de sa carte de crédit. Hormis le fait que des choses comme les systèmes de crédit social soient dès le départ problématiques, si les machines se mettent à aider à déterminer ce qui est important et de la validité du crédit social des personnes sur la base d'algorithmes et de paramètres, comment saurons-nous qu'ils ne commettent pas d'erreurs fondamentales dépourvues de nuance humaine essentielle ?

Qui serait responsable de ces erreurs ?

Problème encore plus grand : qu'est-ce qui est réel ?

Prenez par exemple, une évolution récente appelée Deepfake ou hyper-trucage où par un certain procédé l'IA reconstitue le visage de qui vous voulez, y compris des célébrités ou des présidents, sur celui d'une autre personne dans une vidéo. Cela donne l'impression que quelqu'un dit ou fait quelque chose alors que ce n'est pas le cas.

Récemment, une créatrice de contenu sur Twitch, agée de 28 ans et officiant sous le pseudonyme de QTCinderella, a malheureusement été victime d'une vidéo porno Deepfake.

Chaque mois, des centaines de milliers de personnes la regarde jouer à des jeux vidéo, faire de la pâtisserie et interagir avec des fans en ligne. On la paie également pour ça. Mais le 30 janvier dernier, ce n'était un stream pour le plaisir. Au lieu de cela, elle s'est connectée pour aborder le problème et montrer la souffrance occasionnée de découvrir que quelqu'un avait créé une fausse vidéo porno en utilisant son image et sa ressemblance.

Voici à quoi ça ressemble de se sentir violée. Voici à quoi ça ressemble de se sentir abusée, de se voir nue contre son gré et diffusée partout sur internet. Voici à quoi ça ressemble.

Non seulement il y a eu l'action néfaste du créateur de la fausse vidéo porno mais un utilisateur de Twitter a réagi à son stream en prenant une capture de sa réaction et en la postant avec ce commentaire :

Imaginez que des femmes riches avec un titre mettent fin à la progression de l'IA. Ce serait la fin de l'IA, mes potos.

C'est là où je ne peux m'empêcher d'avoir le sentiment qu'en tant que société, nous sommes trop profondément déconnectés et dans un tel marasme émotionnel pour assumer la responsabilité de technologies comme celle-là.

C'est l'éternelle question : est-ce la technologie elle-même ou les humains qui s'en servent ? En ce qui me concerne, dans la plupart des cas concernant l'IA, c'est notre qualité en tant qu'humains en ce moment, tout comme la manière dont le monde est conçu, qui m'inquiète plus que la plupart de ces technologies elles-mêmes.

Nous semblons si profondément déconnectés de nos émotions et de ce que les autres ressentent qu'il est fréquent que des gens veuillent démolir ceux qui passent par une expérience difficile juste pour fournir un « instantané » qui pourrait devenir viral.

Nous ne cherchons pas à comprendre ni à écouter vraiment la souffrance des autres parce que, dans de nombreux cas, nous préférons les juger sur leur apparence, leur couleur de peau, leur popularité ou leurs privilèges afin de ne pas avoir à établir une véritable connexion avec eux. C'est comme si nous avions élaborés des moyens de nous défendre de toute connexion entre nous.

Pourquoi tant de nous avons du mal à ressentir de l'empathie avec des personnes que nous n'avons même jamais rencontrées et que nous ne connaissons pas ? Voyons-nous cela comme un progrès positif même si les cas de recours à l'IA comme celui-ci n'existaient pas ?

Quoi qu'il en soit, je pense que nous avons grandement besoin de vraiment nous focaliser sur la qualité de nos émotions, sur notre connexion à autrui et sur notre êtreté, ce qi sera le fondement de notre manière d'aborder les années à venir afin d'agir pour un avenir plus épanouissant.

Texte original de a href="https://thepulse.one/2023/02/06/the-ethics-of-ai-deepfake-porn-chatgpt/" target="_blank">JOE MARTINO traduit de l'anglais par EY@EL
© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

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Le Blues de l'Armée rouge

Red Army Blues

Quand j'ai quitté ma famille et mon foyer,
Ma mère m'a dit :
« Fils, ce n'est pas le nombre d'Allemands que tu va tuer qui importe
Mais le nombre de personnes que tu vas libérer ».
Alors j'ai fait mes bagages, brossé ma casquette,
Et suis sorti faire mon entrée dans le monde.
Dix-sept ans, jamais embrassé une fille.

J'ai pris le train pour Voronej –
C'était le plus loin qu'il puisse aller,
Troqué mes sacs pour un uniforme,
Serré les dents sous la neige.
En cet été 43,
J'ai prié pour notre Mère Russie.
Et alors que nous repoussions les Allemands,
J'ai vraiment cru que Dieu m'écoutait.

Ensuite nous sommes entrés dans Berlin en hurlant.
Nous avons démoli les bâtiments encore fumants,
Hissé le drapeau rouge bien haut,
Brûlé le Reichstag.
J'ai vu mon premier Américain
Et il me ressemblait beaucoup.
Il avait un peu le même visage de fermier
Et disait venir d'un endroit
Appelé Hazard dans le Tennessee.

Quand la guerre a pris fin,
J'ai reçu mon certificat de libération.
Moi et vingt mille autres,
Nous sommes rendus en gare de Stettin pour y prendre le train.
« Kiev ! avait dit le commissaire,
Et de là vous rentrez chez vous par vos propres moyens ».
Mais je ne suis jamais allé à Kiev.
Nous ne sommes jamais rentrés chez nous.
Le train a pris la route du nord jusqu'à la taïga.
On nous a déshabillés et fait remonter
La grand route de Sibérie en file indienne
Sur des kilomètres et des kilomètres,
Vêtus de rayures et de haillons
Et laissés mourir dans un goulag.
Tout ça parce que le camarade Staline
Craignait que nous nous soyons trop occidentalisés !

J'aimais mon pays.
Je me sentais si jeune.
Je croyais que la vie était la plus belle mélodie au monde.
En 1945, j'aurais donné ma vie pour mon pays.
Mais aujourd'hui, une seule chose demeure :
La volonté brutale de survivre.

Mike Scott, 1982

À propos de cette chanson

Cette chanson raconte l'histoire d'un soldat russe de l'Armée rouge conquérante qui s'empara de Berlin en 1945 pour vaincre Hitler. De retour chez lui, au lieu d'être accueilli en héros, il est envoyé dans un goulag pour y mourir parce que Staline craignait qu'après avoir côtoyé des Américains et d'autres Européens, lui et ses frères de combat répandent les idéaux occidentaux.

Les paroles s'inspirent de deux livres : Le Soldat oublié de Guy Sajer (1965) et The Diary Of Vikenty Angarov (le Journal de Vikenty Angarov) de Victor Muravin (1978). Le premier étant écrit du point de vue d'un soldat allemand tandis que le second emprunte celui d'un soldat russe :

Ces deux livres m'ont beaucoup inspiré et j'ai donc écrit cette chanson. Et je me souviens que ma copine de l'époque était une grande fan de Roxy Music. Un de ses titres préférés était "A Song For Europe" dans lequel Bryan Ferry terminait en chantant : « Jamais, jamais, jamais » (en français dans le texte — N.d.T.). J'ai donc piqué la séquence d'accords et concocté des paroles adaptées de ces deux livres. […]

J'étais très inspiré et à chaque fois que j'arrivais à la fin d'un couplet, je voulais le terminer par une phrase percutante comme « Dix-sept ans, jamais embrassé une fille ». Ça ne venait pas des livres. Ça ne venait pas de "A Song For Europe". Ça me venait du cœur. Et donc je voulais une phrase percutante à la fin de chaque couplet pour vraiment intriguer les auditeurs.

~ Mike Scott

À noter que Mike Scott a plusieurs fois modifié les paroles en concert, l'adaptant à son public. Ainsi en Allemagne, il ne dira pas « les Allemands » mais « les Nazis » pour bien marquer la distinction.

Également, dans les nouvelles versions en concert (et sur le site officiel), dans le premier couplet, la mère dit : « C'est le nombre d'Allemands que tu vas tuer qui importe, va libérer ton pays ».

Mike Scott en explique la raison :

Des années après la sortie de cette chanson, j'ai reçu une lettre d'un Russe qui disait que chaque ligne de cette chanson était vraie excepté celle qui dit : « Ce n'est pas le nombre d'Allemands que tu va tuer qui importe mais le nombre de personnes que tu vas libérer ». Il m'a raconté que les gens étaient entrés en guerre « pour tuer des Allemands ». J'ai réalisé qu'en écrivant ces paroles j'avais laissé mon idéalisme de jeunesse déformer le sens et la véracité du texte en y insufflant un sentiment pacifique hors contexte. J'ai corrigé ça depuis.

Voici une autre version live qui m'a fait beaucoup hésiter dans mon choix et dans laquelle le violon magique de Steve Wickham remplace le saxophone envoûtant d'Anthony Thistlewaite.

Ou encore la version remastérisée avec des chœurs qui remuent les tripes :

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

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Un Ukrainien qui cherche la paix

Les territoires, ce n'est pas important. Ce sont les vies humaines qui comptent.

Nikolaï

Nikolaï est né en Ukraine à la fin des années 80 alors qu'elle faisait encore partie de l'union soviétique et a grandi là-bas, entouré de sa famille moitié russe, moitié ukrainienne. Il y a une quinzaine de jours, il a été contacté par Sud Radio pour apporter son témoignage et partager sa vision de la situation en Ukraine, ce qu'il a fait de manière plutôt objective et apolitique. Pourtant, avec « La Guerre c'est la Paix » comme nouvelle norme, les intérêts en place ont envoyé leurs larbins faire le sale boulot et la vidéo a rapidement été supprimée. Erreur stupide qui a fait que la vidéo est devenue virale dans la francophonie. Donc, si vous êtes vraiment pour la Paix, partagez cette vidéo et vous pouvez également faire la même chose avec la version doublée en anglais avec sous-titres pour malentendants que j'ai réalisée. Nul besoin d'être pro-Poutine ni pro-Zelensky, il suffit d'être pro-Vie. Merci de faire votre part.

Ey@el

Bourdin invite un Ukrainien qui cherche la paix

J.J. BOURDIN : Nous restons sur la guerre entre l'Ukraine et la Russie. Un an de guerre avec ce témoignage qui nous est arrivé de Nikolaï qui habite Bastia. Bonjour Nikolaï !

NIKOLAÏ : Bonjour Jean-Jacques ! Bonjour à tous les invités !

J.J. BOURDIN : Et merci d'être avec nous Nikolaï. Je résume... Vous allez me corriger si je dis des bêtises : vous êtes ukrainien. Vous êtes né à Dnipro en 1987. 1987, c'était à l'époque de l'URSS. Vous êtes arrivé en France en 2002. La moitié de votre famille est russe, l'autre ukrainienne. Comment vivez-vous cette guerre ?

NIKOLAÏ : Eh bien, écoutez, exactement comme vous l'avez décrit d'une manière très, très étrange. Parce que même aujourd'hui, en ayant des contacts avec ma famille… il y en a une qui est très… Actuellement, c'est fou parce qu'ils détestaient Zelensky juste avant le conflit. Maintenant ils sont à fond derrière. Et l'autre partie qui vit en Ukraine aussi et qui a même peur de s'exprimer au téléphone de peur d'être réprimé par le SBU… vous savez la police un peu politique qui sévit en tant de guerre.

J.J. BOURDIN : Oui, les polices politiques qui sévissent partout d'ailleurs, hein.

NIKOLAÏ : Exactement.

J.J. BOURDIN : Du côté ukrainien, hein ?

NIKOLAÏ : Exactement.

J.J. BOURDIN : Votre famille côté russe… enfin votre famille russe est toujours installée en Ukraine ?

NIKOLAÏ : Oui, oui, bien sûr. D'autant plus que ma famille est du côté de l'est. Vous savez, vraiment à la frontière des zones problématiques du Donbass, là où le conflit a commencé.

J.J. BOURDIN : Ah oui, d'accord… Donc évidemment, elle a peur de s'exprimer. Et l'autre famille Ukrainienne qui était… mais j'ai eu plusieurs témoignages qui allaient dans ce sens… qui était anti Zelensky et qui aujourd'hui est évidemment à fond derrière le pouvoir ukrainien parce qu'elle est patriote.

NIKOLAÏ : Bah non, pas parce qu'elle est patriote ! Je suis désolé parce qu'à un moment donné, dès que le conflit a commencé,les partis d'opposition ont été interdits en Ukraine. Toutes les chaînes qui étaient un peu l'alternative au pouvoir ont été fermées ou récupérées par le pouvoir ukrainien. Il ne faut pas l'oublier et c'est pas d'un coup. D'un coup, Zelensky est devenu angélique alors que c'était un des mecs les plus corrompus au monde. Et il est apparu dans les Pandora Papers. Je ne sais pas comment on a fait d'un criminel... d'un mafieux d'un coup un héros alors que c'est juste, en fait, un guignol qui est arrivé au pouvoir grâce à des oligarques ukrainiens très puissants comme Kolomoïsky.

J.J. BOURDIN : Non, mais Nikolaï vous êtes très contradictoire dans vos propos !

NIKOLAÏ : Ben.. c'est quoi ma contradiction ?

J.J. BOURDIN : Vous dites que toute votre famille était à fond derrière Zelensky.
C'est le cas ou pas ?

NIKOLAÏ : Elle l'est elle est maintenant. Elle l'est maintenant parce est toute la journée, elle est exposée à la propagande de l'état sans aucune alternative.

J.J. BOURDIN : Mais elle est pour ça ou elle l'est parce que elle condamne l'invasion russe ?

NIKOLAÏ : Bah elle condamne évidemment l'invasion russe. Puisqu'on lui représentait la Russie comme étant une agression absolue et ce, sans aucune alternative.

J.J. BOURDIN : Mais attendez... elle condamne parce qu'on la représentait selon vous ? Nikolaï, non pas parce qu'elle prend des bombes sur la figure ?

NIKOLAÏ : Ah ben ça, évidemment ça y contribue ! Le truc c'est que quand on se prend les bombes sur la figure, très souvent, on ne sait pas qui tire… on est là caché dans un bunker ou dans un sous-sol sol et on a peur. Et après on regarde les informations pour apprendre qui nous a tiré dessus. Est ce qu'on nous dit la vérité ? Ça, je le laisse à la discrétion de ceux qui émettent les informations.

J.J. BOURDIN : Oui. Nikolaï, vous souhaitez que la Russie envahisse votre pays ?

NIKOLAÏ :  Non je ne souhaite pas que la Russie envahisse mon pays. Je souhaite que la guerre s'arrête le plus vite possible, que le gouvernement de Zelensky soit mis devant ses responsabilités. Parce qu'il faut pas oublier les crimes qui ont été commis dans le Donbass. Ils étaient très, très nombreux et ils continuent toujours à être perpétrés. Je souhaite qu'il y ait des négociations, que l'Ukraine retrouve le chemin démocratique, à savoir qu'on revote, qu'on élise un gouvernement, quelque chose de plus équilibré qui arrive au pouvoir. Parce qu'à un moment donné, en Ukraine, on a eu des forces… vous savez, l'extrême droite, ça existe en France. On sait ce que c'est des forces d’extrême droite… Eh bien, en Ukraine, il y a la même chose. C'était une très, très petite minorité de nationalistes qui, à un moment donné, a été propulsée dans les hautes sphères du pouvoir d'une manière… heu, au forcing… et qui a fait des choses qui ont fait qu'on est dans la situation actuelle. Qui a fait que les populations russophones étaient réprimées.

J.J. BOURDIN : La situation actuelle ne vient pas de là. La situation actuelle vient parce qu'il y a un pays a envahi un autre pays.

NIKOLAÏ :  Non, la situation actuelle date bien sûr d'avant. Vous savez… vous êtes français, vous connaissez Montesquieu ? Je suis désolé : il y a ceux qui font les guerres mais les véritables responsables sont ceux qui les rendent inévitables.

J.J. BOURDIN : Oui, ça malheureusement… on est totalement d'accord, Nikolaï.

NIKOLAÏ :  On est totalement d'accord. Cette situation en Ukraine a dégénéré, il y a plus de 8 ans maintenant. Et aujourd'hui, en fait, comme la capitale Russe se trouve à à peu près 300 km de la frontière ukrainienne, la position ukrainienne qui qui allait devenir extrêmement Pro-OTAN n'était pas tenable pour la Russie. Il s'agissait des intérêts vitaux. Rappelez-vous de la crise de Cuba où tout est très simple. Quand les Russes essayaient de positionner des missiles sur Cuba, regardez comment ont réagi les États-Unis. Ils ont failli mettre le monde à feu et à sang.

J.J. BOURDIN : Aucun missile n'a été positionné en Ukraine pour menacer la Russie. Aucun pays occidental n'a dit que son objectif était d'envahir la Russie. Aucun, Nikolaï.

NIKOLAÏ :  Envahir la Russie, c'est pas possible ! Par contre, la mettre en position de faiblesse géopolitique, ça c'est autre chose.Envahir la Russie, c'est pas possible ! Par contre, la mettre en position de faiblesse géopolitique, ça c'est autre chose.

J.J. BOURDIN : Bon…

NIKOLAÏ :  Ça, c'est une autre affaire. je voudrais ajouter une chose : une guerre c'est mal. Et dans la politique, il n'y a pas de gentils et de méchants, il n'y a que des intérêts. Voilà. Et là, il y a des intérêts vitaux d'un pays qui ont été atteints et qui se sont transformés en cette guerre fratricide. Parce que ce sont des peuples frères. Et moi, ça me blesse énormément ce qui passe en Ukraine.

J.J. BOURDIN : Ça, je comprends…

NIKOLAÏ :  Et je tiens à dire que la position de l'Occident… pourquoi moi, je ne l'accepte pas ? Parce qu'aujourd'hui, en fait en envoyant les armes à l'Ukraine, en soutenant, en poussant Zelensky de plus en plus sur la voie belliqueuse — et encore c'est en train de changer — ils font que que mes frère ukrainiens, en fait, aujourd'hui, sont mobilisés et sont envoyés dans une boucherie à Bakhmout et dans d'autres endroits où il se font massacrer pour les intérêts de qui ? Moi, je voudrais qu'on retrouve paix. Et tant pis, les territoires ce n'est pas important. Ce sont les vies humaines qui comptent.

J.J. BOURDIN : Oui, les vies humaines comptent des deux côtés, mon cher Nikolaï.

NIKOLAÏ :  Évidemment. Évidemment.

J.J. BOURDIN : Avec, vous le savez, des soldats russes qui sont envoyés à la boucherie, souvent avec du matériel obsolète, et vous le savez très bien, Nikolaï. Aussi. Bon je ne vais pas dialoguer plus longtemps parce qu'un autre sujet va nous occuper… qui est moins grave, Nikolaï. Mais toutes les voix sont bonnes et toutes les voix sont entendues ici. Vous le savez, j'y tiens absolument. Merci d'avoir appelé, Nikolaï, dans tous les cas.

NIKOLAÏ : Bah merci de m'avoir reçu et que la paix soit avec vous tous !

J.J. BOURDIN : Merci beaucoup.

Texte original de NIKOLAÏ transcrit par LA LUCIOLE

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