La spiritualité New Age nous enseigne que nous avons choisi. Qu'il n'y a pas de fatalité. Que nous sommes responsables de tout ce qui nous arrive. Elle appelle ça « empowerment ». Une promesse de reprise de souveraineté où l'on nous fait croire que, puisque nous sommes à l'origine de nos « malheurs », nous avons aussi le pouvoir de « changer la donne ».
Sur le papier, c'est génial. Mais dans la pratique, il y a un hic. Un piège de taille.
En effet, si l'on part du principe que nous évoluons dans une vaste simulation (une matrice structurée et non un hasard cosmique), l'idée selon laquelle nous serions les auteurs de notre programmation est une illusion stérile. Une impasse qui nous conduit à nous épuiser dans une boucle sans fin. Nous ne sommes pas l'action, mais la réaction.
Et tandis que nous nous débattons dans la culpabilité, le découragement, que nous déployons une énergie considérable à tenter de « réparer », tout en acceptant notre sort comme du « karma à purger », nous ne faisons qu'activer les dynamos du système, tels des hamsters dans des cages aux barreaux invisibles. En croyant travailler à notre libération, nous fournissons simplement le carburant émotionnel — le fameux loosh — qui maintient la simulation sous tension.
D'un côté, on cherche un drame ésotérique derrière la moindre douleur pour nous vendre du décodage et de la culpabilité. De l'autre, en réaction, certains préfèrent rejeter tout dogme en basculant dans un mécanisme froid où le corps ne serait plus qu'un véhicule à passer au contrôle technique, niant au passage ce que la science elle-même reconnaît sur les liens entre le psychisme, le stress et l'organisme.
Passer d'une croyance aveugle à un cynisme d'ingénieur déshumanisé n'a rien d'une émancipation. Bien au contraire, c'est juste échanger un masque pour un autre. Les extrêmes ne sont, encore une fois, que des pôles activés pour alimenter le circuit. Le Réel est ailleurs.
Alors que faire ?
Mauvaise question ! N'attendez pas de solutions extérieures. Prenez conscience et activez votre propre réflexion. Sans basculer dans les clichés éculés, rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Alors ne jetez pas le bébé avec l'eau du bain sous prétexte que tout est corrompu.
Proposer une méthode clé en main pour flatter un ego spirituel ou jouer au maître à penser serait une totale imposture de ma part. Je n'ai d'ailleurs aucune solution à vous offrir — simplement un constat. Vous donner des réponses toutes faites ne ferait que me substituer à vous et alimenter le système. À terme, cela ne pourrait être que nuisible pour vous comme pour moi.
Faites-vous enfin confiance et laissez votre discernement faire la part des choses.
Ce travail de tri ne relève pas de votre mental (qui est lui-même un programme chargé de douter et d'analyser), mais de votre esprit. Nul besoin de méditation ni de longues introspections : il s'agit de ces quarts de seconde qui frappent comme des éclairs. Ces fulgurances de clarté brute qui tranchent le décor avant même que le mental n'ait le temps de s'interposer pour interpréter.
Osez sortir de vos chambres d'écho pour entendre le silence du Réel.
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