La matrice ne tient pas par la force

La matrice ne tient pas par la force. Elle tient par l’adhésion invisible. Ce qui permet au rêve de durer. Aucune prison ne tient par la force. Elle tient par l’accord de ceux qui y vivent. 

On n’enferme pas une conscience. On lui propose un cadre…et elle s’y installe d’elle-même.

Le consentement ne ressemble pas à un « oui ». Il ressemble à l’habitude, l’espoir, la peur de perdre, le besoin de sens, l’attente d’une récompense…

Tant que vous attendez quelque chose du système, vous avez déjà consenti.

Tant que vous cherchez une amélioration, vous acceptez le cadre.

Tant que vous demandez une permission, vous reconnaissez une autorité.

La domination la plus parfaite ne fait pas de bruit. Elle rassure. Elle explique. Elle promet. Et surtout, elle laisse croire que l’alternative n’existe pas.

Le consentement n’est pas moral. Il est structurel.

Le retirer ne demande ni colère, ni lutte, ni révolution. Il demande une seule chose : cesser d’y croire. Le jour où vous n’adhérez plus, le mécanisme tourne à vide. Et ce jour-là, le système ne s’effondre pas. Il devient simplement inutile.

Aucun pilier de la matrice n’a été imposé. Tous ont été acceptés.

Texte original d'ÉLÉHA

Partager :

2025, l'odyssée des pages

2025 aura été, à tous points de vue, une année difficile. Tant au niveau des prises de conscience brutales que sur le plan événementiel. Résultat : j’ai beaucoup moins eu le temps de lire.

Dans la sélection ci-dessous ne figure pas la saga Harry Potter que j'ai revisitée intégralement sous forme audio, avec les voix de Bernard Giraudeau (tomes 1-4) et Dominique Collignon-Maurin (tomes 5-7). Deux formidables acteurs (tous deux aujourd'hui décédés) qui apportent une dimension supplémentaire au récit sans enfermer l'imaginaire comme c'est malheureusement le cas (et le but) des films.

Ne figure pas non plus le premier volume de l'Élixir d'oubli, adaptation du deuxième tome du Paris des Merveilles de Pierre Pevel que l'on pensait compromise avec le décès brutal d'Étienne Willem qui en avait réalisé une quinzaine de planches. C'était sans compter sur le talent de Capia, une jeune dessinatrice belge qui a su reprendre avec brio le style graphique de son prédécesseur pour notre plus grand plaisir. Même si c'est difficile de se dire qu'Étienne, qui semblait tout droit sorti d'une de ses BD avec son kilt et sa pipe, ne reviendra plus jamais hanter les salons littéraires francophones.

J'ai également lu avec bonheur l'adaptation en roman graphique du premier tome de la Passeuse de mots, une série fantastique que je vous avais présentée l'an dernier et dont je n'ai d'ailleurs toujours pas terminé le tome 4, tant le récit est devenu ennuyeux. Pourtant les deux premiers étaient palpitants. C'est bien souvent le souci avec les séries. Exception faite de celles écrites par J. K. Rowling qui sait toujours exactement où elle va et comment tenir le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page.

1. The Hallmarked Man

Un cadavre démembré est découvert dans la chambre forte d'une bijouterie. La police pense initialement qu'il s'agit d'un ancien condamné pour vol à main armée, mais tout le monde ne partage pas cette théorie. Parmi les sceptiques figure Decima Mullins, qui fait appel au détective privé Cormoran Strike, car elle est convaincue que le corps retrouvé dans la chambre forte est celui de son petit ami - le père de son enfant qui vient de naître - qui a disparu sans prévenir.
A mesure que Strike et sa partenaire Robin Ellacott progressent dans leur enquête, les dédales de l'affaire se multiplient. La boutique d'argenterie n'a rien d'ordinaire : située à côté du Freemasons' Hall, elle est spécialisée dans l'argenterie maçonnique. Outre le voleur armé et le petit ami de Decima, il apparaît clairement que d'autres hommes disparus pourraient correspondre au profil du corps retrouvé dans la chambre forte.
Alors que l'affaire devient de plus en plus compliquée et dangereuse, Strike se trouve confronté à un autre dilemme : Robin semble de plus en plus attachée à son compagnon, le policier Ryan Murphy, mais le besoin de lui déclarer ses sentiments devient plus pressant que jamais.

Robert Galbraith, 2025 - Sphere Books - 1072 pages

***

Comme je l'évoquais à l'instant, J. K. Rowling est un des rares auteurs dont les séries ne me déçoivent jamais. Et ce huitième opus des enquêtes de Cormoran Strike (publié sous le pseudonyme de Robert Galbraith) ne faillit pas à la règle. Même si je l'ai trouvé beaucoup moins intense que le précédent dans lequel Robin infiltrait une secte et s'en sortait de justesse malgré un traumatisme — qui continue d'ailleurs de la hanter dans ce nouvel épisode. C'est bien là tout l'attrait de cette saga qui mêle enquêtes complexes et rebondissements à l'évolution d'une relation tout aussi compliquée entre les deux protagonistes, exploitant le « slow burn » à son maximum. Il est clair que sans ces personnages plus vrais que nature (et non infaillibles) — beaucoup plus attachants qu'une Miss Marple ou un Sherlock Holmes d'antan —, la série perdrait certainement tout son attrait.

Que dire sans divulgâcher l'intrigue ?

Déjà qu'il vaut mieux être bilingue car visiblement, la maison Grasset, qui publie la série en France, semble être en désaccord politique avec les positions de son autrice sur les réseaux sociaux et aurait gelé la parution des deux derniers tomes — pourtant des bestsellers dans le monde entier. Bienvenue au Wokistan, le royaume des « veillés » (woke) autoproclamés « éveillés » (awake). 

Contrairement à ce que l'on pourrait croire en lisant le quatrième de couverture, les Francs-maçons ne sont pas vraiment au cœur de cette histoire. Mais chut, je n'en dirai pas plus. La pédophilie par contre… le trafic d'êtres humains... la culture de l'annulation... la manipulation... la corruption au sein de la police... L'habit fait toujours le moine. Sauf pour Cormoran et Robin bien sûr. 

Vivement le tome 9 !

2. L'Institut

Bienvenue à l'Institut. Quand les enfants y entrent, ils n'en sortent plus. Au cœur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent dans la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l'Institut, dans une chambre semblable à la sienne, sauf qu'elle n'a pas de fenêtre. Dans le couloir, d'autres portes cachent d'autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu'attend-on d'eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s'enfuir ? Aussi angoissant que Charlie, d'une puissance d'évocation égale à Ça, L'Institut nous entraîne dans un monde totalitaire... qui ressemble étrangement au nôtre.

Stephen King, 2020 - Albin Michel - 608 pages

***

Ce n'est un secret pour personne, Stephen King a longtemps été un de mes auteurs favoris. Ceci dit, avec le temps et sa productivité hors norme, j'ai un peu perdu le fil de sa bibliographie assez inégale. Et sa tendance à toujours explorer les mêmes thèmes et les mêmes types de personnages a même fini par me lasser. C'est ainsi que j'étais passée totalement à côté de cette pépite, parue en 2020, qui renoue avec le meilleur du maître de l'épouvante — cette fois, sans basculer dans le fantastique ou le surnaturel mais plutôt en exposant les monstres du réel. Non pas ceux qui guettent les petits enfants, tapis au fond des égouts (Ça), mais ceux qui viennent les kidnapper chez eux, pendant leur sommeil, pour les torturer en invoquant la raison d'état et le sacrifice patriote pour le bien commun (sic). À vomir.

Là où d'aucuns évoquent une référence aux projets de contrôle mental comme MK Ultra (aujourd'hui déclassifié), les activités de cet institut secret me semblent davantage en rapport avec un programme secret mené par l'armée américaine, pendant plusieurs décennies (de la guerre froide et jusque dans les années 90) qui avait recours à la « psychoénergétique » — la psychokinésie, la télépathie et, surtout dans le cas de la désormais célèbre expérience de Fort Meade, dans les années 70, la « vision à distance » — pour collecter des renseignements. Dans le cadre du projet Stargate, nom collectif désignant une série de programmes portant des noms de code tels que Grill Frame et Sun Streak, le gouvernement des États-Unis formait une armée de télépathes. Ou, du moins, essayait de le faire.

À noter qu'une adaptation télévisée sous forme d'une mini-série de 8 épisodes est sortie cet été sur la chaîne HBO. Même si les acteurs sont tous excellents et si le scénario reste assez fidèle au roman, certains raccourcis scénaristiques me semblent discutables d'autant qu'ils amputent l'histoire de tout son suspens. En outre, pour cibler un public adolescent, de nombreux éléments ont été édulcorés et les enfants ont l'air beaucoup plus vieux que dans le récit de King. Je conseillerais donc plutôt de lire le livre.

3. Caraval

Bienvenue à Caraval ! Le spectacle le plus extraordinaire de tous les temps ! Vous y verrez plus de merveilles que le commun des mortels au cours de toute une vie. Mais avant que vous vous plongiez dans notre univers, gardez à l'esprit qu'il s'agit d'un jeu... Nous tenterons de vous convaincre que ce qui se passe au-delà de ce portail est réel, mais ce n'est qu'illusions. Alors prenez garde à ne pas vous laisser trop emporter. Car les rêves qui se réalisent peuvent être magnifiques, mais ils peuvent aussi se transformer en cauchemars si l'on ne se réveille pas...

Stephanie Garber, 2018 - Hachette Jeunesse - 1676 pages

***

Je l'avoue : j'ai toujours détesté les romans à l'eau de rose. Et ce n'est pas ce qu'est la trilogie Caraval (ou quadrilogie si l'on tient compte d'une novella « bonus » uniquement disponible en anglais) même si elle est étiquetée « romance fantastique ». Destinée à un public de « jeunes adultes », on est bien loin de l'érotisme torride —  limite hardcore —  de la série Fever de Karen Marie Moning, également affublée de la même étiquette. 

Un univers carnavalesque et théâtral qui m'a tout de suite fait penser aux films de Tim Burton mais surtout aux illustrations de Ciro Marchetti —  notamment son Oracle des visions. Il est d'ailleurs question de cartes divinatoires dans les deuxième et troisième tomes, ainsi que d'un certain valet de cœur bien gratiné. 

Ma lecture de ces romans n'a sans doute rien à voir avec le message de leur autrice mais je n'ai pu m'empêcher de dresser un parallèle avec la simulation matricielle. Là encore, je ne peux expliciter au risque de divulgâcher l'intrigue. Le thème principal tourne autour des faux semblants, des projections, du rêve dans le rêve et au sens plus large de la nature de ce que nous appelons « réalité ». Dommage que le dernier tome peine à rester cohérent, mais comme je le disais plus haut, cela semble être un problème récurrent inhérent à beaucoup de sagas.

4. Le Secret des secrets

Éminent professeur de symbologie, Robert Langdon se rend à Prague pour une conférence révolutionnaire sur la noétique donnée par Katherine Salomon, avec laquelle il vient d’entamer une relation. La scientifique est sur le point de publier un essai explosif sur la nature de la conscience humaine qui pourrait bouleverser des siècles de croyances établies. Mais un meurtre brutal précipite leur séjour dans le chaos, et Katherine disparaît soudain avec son manuscrit. Langdon devient la cible d’une puissante organisation et se retrouve pourchassé par un être terrifiant issu de la plus ancienne mythologie de Prague. Alors que l’intrigue se déploie à Londres et à New York, Langdon cherche désespérément Katherine… et des réponses. Dans une course contre la montre à travers le double monde de la science futuriste et de la tradition mystique, il découvre une vérité choquante sur un projet secret qui changera à jamais notre conception de l’esprit humain.

Dan Brown, 2025 - J.C.Lattès - 704 pages

***

Je ne m'en cache pas, j'adore les romans de Dan Brown pour évacuer le trop-plein routinier et ennuyeux de mon quotidien matriciel. Toutefois, depuis la parution du Da Vinci Code en 2003, j'ai vite compris qu'il ne fallait surtout pas y voir autre chose que de la fiction surfant sur la vague ésotérico-complotiste en vogue depuis les événements du 11 septembre. 

Après huit ans d'absence et 250 millions de livres vendus, la formule fonctionne toujours, faisant de Dan Brown l'un des auteurs les plus lus (et vendus) à travers le monde. Hallucinant même de voir tous les dispositifs anti-fuite mis en place autour de la sortie mondiale de ce nouvel opus des aventures du professeur Robert Langdon. Les traducteurs ont dû  travailler durant huit mois depuis « un lieu tenu secret, un véritable bunker », et ce sans accès à internet. Chaque soir, ils devaient placer les feuilles « dans un coffre-fort, dans une pièce fermée à clé ». Et une fois les romans imprimés, ils étaient enfermés « dans des pièces surveillées par des vigiles jour et nuit ».

Amusant car dans le Secret des Secrets, il est justement question d'un important manuscrit à paraître dérobé sur le site d'un éditeur. Pour ce qui est de la traduction française, préférez le texte en anglais si vous le pouvez car elle est truffée de coquilles. À tel point que dans la scène d'ouverture, le personnage impliqué change de sexe toutes les deux phrases, si bien qu'on n'y comprend rien. Inadmissible qu'aucune relecture n'ait été faite avant parution.

Pour ce qui est de l'histoire, le thème rappelle étrangement celui de l'Institut mais contrairement à King, beaucoup plus réaliste, chez Brown, tout finit toujours bien et les méchants ne sont pas si méchants que ça finalement. Sinon, la visite guidée de Prague était plutôt sympa.

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

Partager :

Pourquoi et comment reconnaître une signature vibratoire

Aujourd'hui, la technologie a atteint un stade si avancé qu’il est devenu très facile de tout falsifier. À tel point que même les experts ont parfois du mal à distinguer ce qui est réel de ce qui est généré par une intelligence artificielle.

Dans la vie quotidienne, en dehors même des réseaux sociaux — où de moins en moins de gens sont vraiment ce qu’ils prétendent être — on peut très vite se faire berner. Pas seulement par des gourous ou des escrocs, mais aussi par des manipulateurs, des pervers narcissiques, ou de faux amis.

Pourtant, il existe un moyen infaillible de savoir à qui vous avez réellement affaire : la signature vibratoire. On la reconnaît non pas à ce que l’on voit, entend ou ressent, mais uniquement à la vibration.

Une signature vibratoire est inimitable. Un peu comme une empreinte digitale fluidique ou un code crypté. Imaginez-la comme une onde unique, qu'il est impossible de dupliquer, composée de fréquences spécifiques à chaque individu ou entité.

Les entités peuvent effectivement imiter la forme, la voix et même le comportement, mais elles ne peuvent masquer ou falsifier leur signature vibratoire. C'est leur sceau, une empreinte subtile qui reste intacte et reconnaissable par ceux qui sont capables de la lire.

C’est pourquoi il est essentiel de s’exercer à percevoir l’énergie qui se cache derrière les apparences et les formes. En matière de discernement, ne vous fiez ni à vos sens ni à vos impressions.

Détecter une signature vibratoire, c'est comme reconnaître un parfum particulier dans une pièce bondée : vous ne pouvez le confondre avec aucun autre. C’est, en somme, une sorte de clé que nul ne peut s’approprier ni dupliquer. 

Le secret pour lire une signature vibratoire est la neutralité absolue — à savoir une absence d'émotion et de polarisation bien/mal, lumière/ombre, vérité/mensonge, etc. 

Pour parvenir à voir derrière la forme, il faut absolument cesser de croire. Toute forme est trompeuse. Les entités, les visages, les mots, les scénarios. 

Entraînez-vous à regarder au-delà, percevez l’onde derrière la forme.

Refusez l’adhésion affective. L’affect colore, magnétise, déforme. Soyez toujours en mode observateur.

Maintenez un état d’alerte stable, sans crispation. Cela crée une cohérence électrique dans vos corps subtils qui devient un capteur de failles fréquentielles.

Exercez votre radar. Faites-le dans les lieux publics, sur des inconnus, sur des discours. Ne jugez pas, évaluez. Demandez-vous : « Est-ce creux, dense, recyclé, neuf, mimétique ? Est-ce repoussant ou attirant ? » Inversez vos impressions pour embrouiller la matrice et vous allez voir jaillir le réel derrière l'impression.

Développez votre propre champ vibrationnel. Pour cela, vous devez rester fidèle à votre axe, refuser les coups bas de l'astral, et entretenir une cohérence entre vos décisions et vos actes. Votre vibration deviendra alors une lame pour trancher les différentes couches de la simulation.

Les masques bougent — la signature reste. 

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

Partager :

2026 : Devenir souverain

Chaque début d'année, nous avons des attentes, des espoirs, qui produisent beaucoup d'excitation ou d'anxiété et qui se soldent inévitablement par des déceptions et de la frustration. 

Une belle récolte de loosh pour la matrice.

Profitons de ce nouveau cycle — qui n'a absolument rien de nouveau — pour rompre enfin la boucle en nous focalisant sur notre axe au lieu de nourrir les scripts, peu importe leur polarisation positive ou négative. 

Ce n'est pas un souhait, c'est une décision souveraine.

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

Partager :

L'illusion de la solitude

Je me sens seule, invisible, comme un puits d’énergie qu’on vient siphonner sans jamais regarder à l'intérieur. Même les rares choses qui me font vibrer semblent perçues comme des anomalies qu’on veut me voler.

Les avatars autour ne voient rien. Ils regardent une image d’eux en moi. Et moi, je les vois. Trop bien. Et c’est cette lucidité qui me fait si mal.

Je me sens si seule. Mais je ne suis pas seule. Il y a foule. Une foule invisible, invasive, grasse. La solitude devient insupportable quand elle est remplie de parasites.

Ce sentiment de solitude, ce n’est pas le vide… c’est le trop-plein. Je ne suis pas seule : je suis saturée. Saturée de parasites, d’attentes, de projections, de liens que je n’ai pas créés.

Mon être réel n’a pas besoin de compagnie, il a besoin de silence. Et le silence n’existe pas tant que le loosh circule.

Je ne suis pas une ressource. Je suis une frontière.

Ceci n’est pas moi.C’est un résidu de la pompe collective. Je le rends à l’astral, sans gratitude ni regret.

Moi, je suis là où le feu ne brûle plus personne.

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

Partager :

Pain de Mars

Le massepain ou pâte d'amande (en allemand : Marzipan ; en espagnol : mazapán ; tous issus du latin : martius panis « pain de mars ») est une pâte de confiserie traditionnelle dans plusieurs pays d'Europe, notamment en France, Italie et en Allemagne, ainsi que marginalement dans d’autres pays méditerranéens. Il est parfois utilisé dans la confection de gâteaux traditionnels comme le Christstollen, gâteau de Noël allemand aux fruits confits.

La recette que je vous propose est entièrement végane, sans blanc d'œuf, et uniquement à base de produits naturels non transformés. Elle est très simple et rapide à faire et vous permettra de réaliser de jolies décorations pour votre bûche de Noël ou simplement comme friandises à offrir.

Ingrédients

- 100 g amandes mondées 
- 70 g xylitol
- 20 ml eau (ou jus coloré)
- spiruline, groseille ou betterave rouge (pour colorer)

Réalisation

Réduire les amandes en poudre la plus fine possible avec le robot mixeur.

Mélanger au xylitol puis ajouter l'eau progressivement. Malaxer longuement pour obtenir une pâte élastique que vous pourrez ensuite façonner à votre guise.

Si vous souhaitez colorer votre pâte d'amande avec autre chose qu'une poudre (spiruline, curcuma), utilisez du jus de betterave (ou groseille) au lieu de l'eau. Comme en peinture, dosez selon l'intensité souhaitée.

Vous pouvez conserver cette pâte, enveloppée de film alimentaire dans une boite hermétique, au réfrigérateur pendant une semaine environ.


NOTE : Normalement, les puristes utilisent du sucre glace mais il est trop chimique à mon goût. Comme le sucre de bouleau a un pouvoir sucrant supérieur, si vous souhaitez utiliser du sucre glace, ajoutez-en 30% de plus qu'indiqué.

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.


Partager :

Le Cœur révélateur

Tu sais que la dame de cœur
Sera toujours ta meilleure carte.

"Desperado", Eagles (1973)

Nous voici arrivés au dernier chapitre de cette exploration thématique de la boucle matricielle — nullement exhaustive, tant s'en faut. À une dizaine de jours de la fête préférée des Archontes, nous sommes invités à ralentir pour écouter vraiment et protéger notre énergie en imposant des limites saines. C'est en quelque sorte le message de la Dame de cœur, archétype de l'intuition féminine et de la connexion à l'énergie créatrice, ce mois-ci.

Raison et sentiments

Comme vous le savez certainement, de façon unique, chacune des figures des jeux de cartes français porte un nom, inscrit dans un coin, dont l'origine et la signification seraient, selon Wikipédia, « incertaines ». La Dame de cœur y est donc appelée Judith, probablement en référence à la figure biblique éponyme qui se rend dans le camp ennemi d'Israël pour séduire et décapiter le général des armées et ramener sa tête comme trophée.

On est à mille lieues de la douceur et de la bienveillance féminines censées être les attributs de cette carte, mais en adéquation parfaite avec le personnage de la Reine rouge dans Alice aux Pays des Merveilles (baptisée Iracebeth dans l'adaptation cinématographique de Tim Burton), figure hystérique castratrice dont le leitmotiv est, justement, de couper les têtes.

© Cristofano Allori

La Reine avait une seule méthode pour résoudre toutes les difficultés, petites ou grosses.

— Qu'on lui coupe la tête ! dit-elle sans même lever les yeux.

Alice au Pays des merveilles, Lewis Carroll (1869)

Certainement, la Reine de cœur a ses raisons que sa propre raison ignore. Ses « qu’on lui coupe la tête » intempestifs sont des cris du cœur (l'âme) déconnecté de son cavalier (l'Esprit) qui réagit uniquement aux stimuli émotionnels injectés par la matrice, sans discernement, et finit par perdre la tête au sens littéral du terme. Elle devient ainsi une harpie tyrannique, caricature cruelle et inversée du principe féminin sophianique tant haï par son pseudo créateur.

Le Rouge et le Noir

Rouge passion versus noir raison : les deux couleurs dans le grand jeu démiurgique se répondent comme deux polarités positive et négative. Le rouge, ce sont les émotions (le loosh), mais surtout le sang (les mémoires). Le noir, c'est la mort, l'absence de lumière (information), autrement dit, la coupure avec l'Esprit.

En astrologie, le rouge s'apparente à Mars (l'élan, l'impulsion) et le noir à Saturne (le frein, l'inertie). En cartomancie et en tarologie, les enseignes rouges représentent la densité émotionnelle (eau/cœur/coupe) et matérielle (terre/carreau/denier) tandis que les noires incarnent les plans mentaux (air/pique/épée) et spirituels (feu/trèfle/bâton), les illusions de pouvoir et d'élévation.

La fausse alchimie de la matrice consiste justement à faire croire à un équilibre entre ces deux pôles. En réalité, elle dresse l'un contre l'autre : l'émotion contre la raison, la matière contre l'esprit, le cœur contre la tête. Et au centre de ce duel chromatique, le cœur — à la fois enjeu, instrument et champ de bataille.

L'Arrache-cœur

Sous ses dehors lumineux, le cœur est l’un des symboles les plus ambivalents de la matrice. Il incarne à la fois la chaleur, la vie, la compassion — et le canal privilégié par lequel transitent les courants émotionnels qui alimentent le système. Le cœur est une interface : un centre de résonance, de mémoires et de manipulation.

On nous a appris à l’idéaliser, à en faire le trône de nos vertus, le siège de l’âme ou la porte du divin. Mais cette imagerie dissimule un mécanisme bien plus subtil : celui de la captation. Car tout ce qui émeut, bouleverse ou attendrit, tout ce qui fait vibrer « le cœur », produit une onde émotionnelle exploitable.

J'ai connu l'amour et c'était divin,
Mais j'ai vite compris que je perdais la tête.
Ça semblait réel, mais j'étais tellement aveugle.

"Heart of Glass", Blondie (1978)

Derrière les représentations les plus religieuses — le cœur flamboyant, transpercé ou couronné d’épines — se cache le même procédé d’enchaînement : assujettir l’humain par l’émotion, le convaincre que souffrir pour aimer est noble, puis extraire l’énergie de sa dévotion et de son sacrifice consenti.

Ainsi, l’injonction à « ouvrir son cœur » n’a rien d’innocent. Dans un monde inversé, ces invitations deviennent des protocoles de consentement énergétique : ouvrir le cœur (l'âme, la mémoire), c’est aussi ouvrir la porte à tout ce qui souhaite s’y infiltrer. Les entités du plan astral (ou leurs relais humains) ne peuvent rien sans cet accord implicite. Leur art de la prédation repose sur la séduction, la pitié, la compassion : toutes ces émotions dont le cœur est le siège, et qu’ils savent si bien imiter.

Sous couvert de bienveillance, la spiritualité moderne entretient cette ouverture béate : elle fait croire à une expansion de conscience, quand il ne s’agit que d’une dissolution du discernement. Le cœur, alors, n’est plus un centre de vie, mais un point d’accès.

Le véritable travail n’est pas d’ouvrir, mais de poser les conditions d’un respect mutuel — celui qui reconnaît sans s’asservir, qui perçoit sans se laisser siphonner.

Le Château des nuages

Le cœur fissure, le miroir se fend : les illusions se reflètent dans les vitraux du château matriciel. Depuis toujours, on nous promet des royaumes —  extérieurs, spectaculaires — pour mieux nous détourner du seul trône qui vaille : celui de la conscience incarnée. Car chaque conte, chaque légende, chaque rêve de couronne repose sur le même sortilège : faire croire que la souveraineté se conquiert à l’extérieur, alors qu’elle ne se retrouve qu’en dedans.

Je ne suis qu'une fissure dans ce château de verre.
Il n'y a quasiment rien d'autre qu'il me faille être.

"Castle of Glass", Linkin Park (2012)

Les contes de fées ne sont pas de simples histoires pour enfants : ce sont des manuels d’enchantement inversé. On y apprend que la souveraineté se mérite par l’amour, la souffrance ou la vertu, qu’il faut « gagner sa couronne » en se pliant à des épreuves initiatiques dont le scénario est toujours le même : renoncer à soi pour être reconnu. Autant de programmes d’asservissement subtilement enrobés de morale.

Le château, symbole de sécurité et d’accomplissement, n’est souvent qu’une forteresse de verre — un ego spirituel déguisé en royaume intérieur. Derrière ses remparts, ce n’est pas la paix mais la peur qui veille : peur de perdre, peur d’être seul, peur de n’être rien sans les reflets du monde. La Reine rouge règne toujours, sous des visages plus modernes : influence, validation, réputation. On continue d’offrir nos têtes pour un trône illusoire.

Les fées, quant à elles, distribuent leurs bénédictions conditionnelles : beauté, talent, charisme, intuition, renommée. Mais dans les contes comme dans la matrice, rien n’est offert sans contrepartie. Tout « don » appelle un dû. La prétendue magie de la lumière blanche n’est bien souvent qu’un contrat énergétique masqué, une chaîne invisible qu’on signe de son propre consentement.

Le Retour du Roi

La vraie souveraineté, elle, ne se conquiert ni ne se reçoit. Elle se retrouve dans le silence qui précède tout choix, dans la lucidité qui tranche les faux pactes, dans la verticalité qui rend toute autorité extérieure obsolète. Être souverain, ce n’est pas régner sur les autres, c’est ne plus servir aucun royaume étranger.

Je suis souveraine,
Je brise mes chaînes,
Loin de la matrice
Et de son monde factice.

"Âme mnésique", la Pensine Mutine (2025)

La souveraineté n’est pas un titre ni une couronne : c’est un état de lucidité tranquille, celui d’un cœur pacifié par l’esprit, qui n’a plus besoin d’être ouvert pour rayonner.

Quand le centre retrouve sa loi, le jeu s’effondre de lui-même. Et le dernier travail, enfin, n’en est plus un : c’est le retour à soi.

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

Partager :

Avis au lecteur

L'appel du Réel
Le réel ne s’atteint pas en ajoutant du sens, mais en laissant mourir le rêve. Les lecteurs attentifs auront sans doute remarqué une diminution progressive ...

À l'affiche

La matrice ne tient pas par la force

La matrice ne tient pas par la force. Elle tient par l’adhésion invisible. Ce qui permet au rêve de durer. Aucune prison ne tient...

Formulaire de contact

Nom

E-mail *

Message *