Outremort

Hier, c'était la fête à tout l'essaim archontique, comme dirait Coluche. Aujourd'hui, jour des Défunts, rebelote : les vivants prient pour les morts qui, programmation matricielle oblige, n'ont pu être canonisés, tandis que les morts prient pour être enfin vivants. L’Église appelle ça une commémoration. Moi, j’appelle ça une vampirisation énergétique consentie — un recyclage de loosh collectif sur fond d’encens et de chandelles.

Sous le vernis des rituels, c’est toujours la même mécanique : célébrer la boucle. La mort nourrit la vie, la vie prépare la mort, et le tout tourne en vase clos pour alimenter la machine.

Chacun y projette son propre scénario : pour beaucoup, la mort est synonyme de repos ou de tourment éternel. Pour d'autres, l'outre-monde n'est qu'un lieu de transit, un changement d'état d'être en attente du prochain recyclage sur le samsara, la roue du karma. Pour d'aucuns encore, c'est un retour au « néant ».

Mais l'outremort, lui, ne promet rien. C’est une traversée — celle du tunnel magnétique où défilent les images de la mémoire, les leurres des « retrouvailles », les promesses de « lumière » (information). C’est le refus poli de tendre la main à l’Ange-Recycleur. C’est le choix de la sortie latérale, celle que personne ne voit, parce qu’elle n’émet ni lumière, ni son.

"Outremort" est ma quatrième anti-brique dans le mur du théâtre archontique : la quadrature de cercle inversée — non pour comprendre, mais pour dissoudre.

Outremort

Aux portes de l'oubli,
L'illusion se poursuit
Dans l'antre de l'ennui
Où sans esprit, l'Âme agit,
Écoute les échos,
Épouse le chaos,
Endure les assauts
Des lames de sanglots.

L'armée des faux semblants,
Avec qui l'Autre ment,
Aux destins en suspens
Dans les couloirs du temps,
Souffle les murmures,
Perce les armures,
Creuse les fissures,
Rouvre les blessures.

Fais l'effort, rompt les sorts,
Fuis les égrégores,
Et reprends ton essor.
Défie l'oxymore,
Révoque les accords
Et arrache ton corps
Au royaume de la mort,
Outremort…
Outremort…

Las de vie à trépas,
Où l'envie, ici bas,
Entretient le karma
À chacun de tes pas,
Sors de cette transe,
Revêt le silence,
Loin des manigances
Où la vie commence.

Fais le pas de côté,
Au-delà des pensées,
Des boucles injectées,
Où tout est orchestré.
Chasse les images,
Déchire les pages,
Dissous les mirages,
Quitte leur sillage.

Fais l'effort, rompt les sorts,
Fuis les égrégores,
Et reprends ton essor.
Défie l'oxymore,
Révoque les accords
Et arrache ton corps
Au royaume de la mort,
Outremort…
Outremort…

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

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