Bruits de volière

Le printemps n'est pas encore là que ça n'arrête pas de se voler dans les plumes, de se traiter de noms d'oiseaux et de se prendre le bec pour tout et n'importe quoi. Entre canaris par-ci, rouge-gorges par-là, pigeons pigeant que dalle, autruches nunuches, dindons farcis, perroquets arrogants, corbeaux vicelards, vautours puants, jeunes coqs sous coke, et paons-Pan qui se la pètent, ça fait beaucoup de fientes, de raffut et d'air brassé pour rien. Parce que, même s'il s'agit d'enjeux de haut vol, ça ne vole jamais bien haut — peu importe la hauteur de cour, d'ailleurs. On se croirait dans un mauvais remake d'Hitchcock.

Avant de narguer les autres à coups de vieilles formules, faites votre examen de conscience.

William Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien
Gare à la goutte qui fera déborder le bac...
et aux petits canards déchaînés qui se lâcheront.
Fallait pas leur dire « vos gueules »...
ni chercher à trop leur en faire gober à la fois.

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

Image couverture : Marinus

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