Passer à autre chose — mais quoi ?

En ces temps troubles et incertains, la plupart des gens sont noyés dans la confusion et l'anxiété et ne savent plus à quel saint se vouer. Ce qui est pain béni pour les maîtres à penser de tout poil. Sachez qu'il n'y a aucune honte à se faire piéger. Le tout est de savoir accepter nos moments d'égarement et de passer à autre chose. 

Autre chose, oui, mais quoi ? 

Car passer de la dévotion à une figure spirituelle ou un gourou vers la dépendance à une IA pour penser à notre place, ou bien rejeter le New Age pour sauter à pieds joints dans un nouveau dogme faussement scientifique, ce n'est pas se libérer d'une emprise : c'est simplement changer de discours ou de maître. 

La question à se poser est de savoir si nous avons vraiment développé notre discernement ? Ou bien juste remplacé une béquille par autre ?

En outre, quand un dogme ou un outil extérieur commence à penser pour nous, il intègre toujours son propre bouclier, qualifiant toute critique de « dissonance cognitive », d « attaque matricielle » ou de « réaction égotique », voire « animique ». Et au final, l'individu s'interdit d'analyser la cohérence des faits par peur d'être « invalidé ».

Mais reconnaître un piège factuel, ce n'est ni être une victime ni être en dissonance cognitive : c'est juste faire preuve de bon sens.

La véritable autonomie ne consiste pas à adopter un jargon complexe pour se donner l'illusion du savoir, ni à redéfinir les mots du dictionnaire à sa convenance. Elle commence le jour où l'on n'a plus besoin d'aucun filtre ni d'aucun intermédiaire — qu'il s'agisse d'une entité, d'une IA ou d'un concept propriétaire — pour valider ce que l'on observe par soi-même.

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2 commentaires:

Anonyme a dit…

oui, la plupart du temps nous avons besoin de passer justement par là, en s'accrochant à quelque chose ou à quelqu'un d’extérieur à nous pour un jour (et je trouve que ce temps trouble, mine de rien, nous y pousse fortement et sans pitié) prendre enfin conscience que tout est en nous. Et quelle joie et quelle gratitude envers soi-même quand on y est parvenu! Je pense que ce chemin ne peut être qu'individuel et à chacun son temps d'évolution. Merci à vous.

Ey@el a dit…

Merci pour votre commentaire. Oui, comme disait mon kiné, les béquilles sont indispensables quand on doit se remettre sur pied mais il faut vite apprendre à s'en passer si l'on veut retrouver son plein potentiel de mobilité.

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