C'est tombé d'un coup… Je ne suis ni la première ni la dernière sur qui le couperet des algorithmes va tomber aléatoirement, sans raison précise.
Depuis quand est-on obligé d'avoir un smartphone pour accéder aux réseaux sociaux ? Et en quoi cela prouve-t-il que l'on n'est pas un robot ? Aux dernières nouvelles, c'est principalement via des cartes SIM que les «fermes de bots » déploient leurs activités sur les zoos, non ?
En poussant la recherche sur Reddit, j'ai découvert que la dite vérification via l'application de X exige un scan facial ou des empreintes digitales, qui en outre, pour des milliers de personnes concernées dans le monde, ne suffit pas toujours à débloquer leur compte.
Pour moi, c'est bien entendu hors de question de m'aligner à ces exigences. On rend les réseaux quasi indispensables pour être vu en tant que créateur de contenu et ensuite, on vous fait du chantage aux données biométriques. La technique bien rodée du pied dans la porte.
Et comme pour supprimer son compte, il faut pouvoir y accéder, j'ai dû invoquer les articles 17 (sur le droit à l'effacement, dit « droit à l'oubli ») et 12 (sur la transparence des informations et les modalités d'exercice des droits des personnes concernées) du RGPD (règlement général sur la protection des données) pour demander à X la suppression intégrale de mon compte et de mes données.
Au final, c'est peut-être un mal pour un bien vu le haut degré de toxicité sur X, où chacun détourne et isole les faits pour mieux les faire correspondre à son idéologie (ou propagande) plutôt qu'à la réalité, qui est souvent beaucoup plus nuancée et rarement monochrome. C'est d'ailleurs là tout l'art de décontextualiser pour mieux justifier les extrêmes afin d'engendrer une friction maximale et rentabiliser la production de loosh.
Et c'est pas non plus comme si ça changeait grand chose à la quasi invisibilité de mon travail. Ici ou ailleurs.
Aujourd'hui, sur les grandes plateformes comme Facebook, la portée organique (non payante) d'une publication est inférieure à 5%. En clair, sur 100 followers, l'algorithme ne va la montrer qu'à 4 ou 5 personnes.
On comprend donc pourquoi la quantité et le prêt-à-penser y prévalent sur la qualité et l'authenticité. Proposer de la déconstruction et de l'analyse demande un effort de réflexion que la majorité des utilisateurs de ces réseaux ne souhaitent pas fournir en faisant défiler leur fil d'actualité. Alors qu'à l'inverse, les fausses résonances émotionnelles qui flattent les biais cognitifs, génèrent du clic facile et donc plus de temps de cerveau disponible pour refourguer des pubs. En clair, sur les réseaux, seule la quantité rapporte de l'argent.
Qu'à cela ne tienne, j'écris depuis toujours. Depuis bien avant l'existence des ordinateurs personnels et d'Internet. Étudiante à l'université, je publiais un fanzine musical à l'international, soit l'ancêtre des blogs version papier, réalisé à l'aide d'une simple machine à écrire, des ciseaux et de colle. Mes frais d'impression et d'expédition étaient financés par des abonnements et le surplus écoulé chez les disquaires indépendants et via le bouche à oreille. Tout était réinvesti dans mes productions et en sus, je pouvais rencontrer mes lecteurs dans la vraie vie.
Autant dire qu'aligner des zéros au nombre de mes suiveurs et « amis » imaginaires qui ne me connaissent ni d'Eve ni d'Adam — et qui, soyons honnête, ne cherchent, pour la plupart, qu'à accroître leur visibilité et non à me lire — ne fait absolument pas partie de mes objectifs. Je laisse cette illusion de gloire et de reconnaissance aux grands penseurs par procuration et je me réjouis d'avoir de vrais lecteurs qui, même s'ils sont peu nombreux, me lisent par choix et non parce qu'un algorithme ou un influenceur leur a suggéré. Un grand merci, d'ailleurs, à ces quelques « explorateurs » des chemins de traverse qui se passent le mot et font vivre ce travail de bouche-à-oreille.
La popularité est aussi éphémère que la vague sur laquelle elle surfe. L’authenticité, elle, s’ancre dans les profondeurs, là où le bruit de la surface ne s'entend plus.
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