Il était une fois un cœur brisé

Dans 2025, l'odyssée des pages, je vous présentais la trilogie Caraval de l'américaine Stephanie Garber publiée en 2017. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'une autre trilogie (de la même autrice) qui lui fait suite et que j'ai également pris beaucoup de plaisir à lire. Parue en 2021, Il était une fois un cœur brisé se déroule dans le même univers fantastique mais se concentre sur le destin d'une nouvelle protagoniste, très fleur bleue, dont le sens du discernement est exponentiellement inverse à son instinct de sauveuse hypertrophié — lequel relève davantage de l'inconscience compulsive que de l'héroïsme assumé et semble lui attirer tous les psychopathes de la terre. Parmi eux, le très « borderline » Jacks, alias le Prince de Cœur, déjà présent dans les deux derniers tomes de Caraval, et qui devient ici la figure centrale magnétique de la série.

Quand les contes de fées tournent au vinaigre

Alors que l'histoire précédente se terminait sur un triomphe et une résolution, celle-ci démarre sur un ton résolument plus sombre et ambigu. Stephanie Garber explique qu'en réalité, elle avait envie de raconter un conte de fée en y ajoutant un élément de crime : « Je pensais que ce serait amusant qu'une jeune fille résolve un meurtre tout en tombant amoureuse de la personne qu'elle soupçonnait en être l'auteur » dit elle.

Évangéline Fox  — dont le nom aurait logiquement dû être traduit en « Renard » pour les besoins de l'intrigue —  est un peu comme Cendrillon : orpheline, malmenée par une belle-mère cupide, et jalousée en secret par la fille de cette dernière. Naïve à la limite du caricatural, elle entretient une foi quasi-religieuse en l'existence des âmes sœurs, flammes jumelles, et autres mythes matriciels bien tenaces et piégeants comme l'Amour toujours avec un grand A. C'est donc l'effondrement lorsque, du jour au lendemain, elle découvre que son bien-aimé, pourtant si amoureux, s'apprête à épouser sa demi-sœur. 

Évangéline avait un don dès qu’il s’agissait de croire aux choses que les autres considéraient comme des mythes – les Fatalités immortelles, par exemple. Elle poussa la grille métallique. La porte elle-même était dépourvue de poignée, forçant la jeune fille à insérer ses doigts dans le minuscule interstice séparant son bord dentelé de la pierre noircie du mur. Le battant lui pinça les doigts, faisant jaillir une goutte de sang. Évangéline jura avoir entendu la voix brisée de la porte : savez-vous où vous mettez les pieds ? Il ne vous arrivera rien de bon. Vous en sortirez le cœur brisé. Mais son cœur était déjà brisé. Et elle mesurait les risques encourus. Elle connaissait les règles quand on visitait les églises des Fatalités.

Désespérée, elle conclut un marché avec le charismatique Prince de Cœur pour empêcher le mariage. Mais comme le veut le célèbre adage qui met en garde contre les souhaits, aussitôt exaucé, elle regrette son vœu. Heureusement, rien n'est jamais figé pour toujours dans le roc — pas même elle. Hormis le fait que rien n'est jamais gratuit non plus et que la seconde chance qui lui est offerte de repartir à zéro s'avère bien vite être un cadeau empoisonné aux saveurs aigres-douces. 

À l'instar du baiser mortel de Jacks le maudit dont le cœur a cessé de battre comme révélé dans Caraval. Car même si le cœur brisé du titre fait officiellement référence à Évangéline, il semblerait que celui de Jacks ait subi bien plus de dommages encore — et qui ont fait de lui une Fatalité — même si l'autrice demeure assez vague quant aux circonstances.

Stephanie Garber, 2021 - De Saxus - 1101 pages

Jusqu'où seriez-vous prêts à aller pour atteindre un bonheur éternel ?

Cette question, en ouverture du quatrième de couverture, résume à elle-seule l'enjeu principal de la série et en appelle plusieurs autres : qu'est-ce que le bonheur ? Qu'est-ce que l'éternité ? Et surtout pourquoi vouloir enfermer ainsi l'essence même de la vie — censée être le mouvement, l'impermanence — dans un état figé ?

Jacks est devenu immortel, on ne sait trop comment, suite à un drame amoureux lié à un maléfice dont il a été victime. Son cœur ne bat plus mais il a le pouvoir d'affecter celui des mortels. La malédiction qui a fait de lui une Fatalité n'est pas seulement affective, elle est ontologique. Le cœur est, rappelons-le, occultement parlant le symbole du noyau d'âme

Cette symbolique du cœur est toujours très présente dans les contes de fée. On pense notamment à celui de Blanche-Neige que la méchante reine avait ordonné au chasseur lancé à ses trousses de lui rapporter. Le cœur participe au mécanisme de captation. C'est un vecteur de mémoires et d'énergie vitale.

L’immortalité dans cette série est vampirique. Elle exige un prélèvement. Il est même question d'un arbre-vampire : « Quiconque est assez intelligent pour localiser l’arbre et assez courageux pour boire son sang devient immortel ». Au prix du sacrifice de la personne qu'on aime le plus. Mais la fin semble justifier les moyens. Même dans les contes.

Et au vu de tous les coups bas, maléfices lancés et autres tentatives de meurtres échouées (ou réussies), la quête de l'immortalité n'a rien de glorieux et rend carrément fou. Elle enferme dans des boucles et schémas sans fin dans lesquels la blessure originelle est rejouée à l'infini. Même lorsque la mémoire est altérée ou fragmentée, quelque chose persiste. Les trajectoires semblent se répéter. L'oubli n'efface pas la blessure : il la rend simplement plus opaque.

Ce que Jacks n'a pas dit

Si le cœur est un vecteur de mémoires et d’énergie vitale, Jacks en devient l’anomalie parfaite. Il ne possède plus le sien — du moins plus comme les autres — et pourtant il agit sur celui des autres. Il ne transmet pas seulement un désir ou une illusion : il réactive des blessures, des attentes, des héritages invisibles.

Jacks est sans doute l’un des personnages les plus réussis de Stephanie Garber. Il n'est pas sans rappeler un certain Archibald dans la Passe-Miroir de Christelle Dabos. En plus sombre et plus complexe.

Ce qui le rend fascinant, c’est que son apparente cruauté n’est pas gratuite comme son comportement pouvait donner à croire dans Caraval. Elle découle d’un mécanisme plus ancien. Il n’est pas seulement ambigu, il est le produit d’un système qui transforme les blessures en fonctions. L'archétype du tentateur lié au fruit défendu — les fameuses pommes blanches emblématiques au jus rouge sang qu'il croque en toute circonstance.

Il n’est pas seulement un séducteur tragique. Il est le point de cristallisation d’une mémoire qui dépasse les individus. Son apparente désinvolture tient davantage de l’armure que de l’indifférence. Lorsque l’on est condamné à survivre à ceux que l’on aime, l’attachement devient un risque. Aimer un mortel, pour un immortel, c’est accepter de perdre à tous les coups. 

Jacks ne joue pas avec les cœurs par cruauté. Il se protège d’un monde où toute promesse a une date d’expiration. À force de vouloir éviter la blessure, il la reproduit. Et c’est sans doute là la véritable malédiction : celle qui le voue à tuer toute femme qu’il embrasse si elle n’est pas son amour véritable.

« Chaque histoire possède un potentiel infini de fins »

Dès lors, une question s’impose : les personnages de cette série choisissent-ils réellement leurs actes, ou ne font-ils que rejouer des trajectoires déjà tracées ?

Entre malédictions, prophéties et sortilèges de divulgation — qui empêchent même de dire la vérité — la parole elle-même semble sous contrôle.

Les Valor, première famille royale du Grand Nord Magnifique, avaient conçu cette arche comme le passage vers un lieu appelé la Valory. Personne ne savait ce qu’elle recelait, car les contes du Nord n’étaient pas vraiment dignes de confiance, suite au sortilège qui les accompagnait toujours. Certaines histoires ne pouvaient s’écrire sans s’enflammer d’un coup, d’autres ne pouvaient quitter le Nord, d’autres encore se modifiaient à chaque fois qu’on les racontait, perdant toute fiabilité, lecture après lecture. Les deux récits concernant la Valory se contredisaient.

Les contes du Nord se déforment, s’enflamment, se contredisent et façonnent la réalité. L’histoire n’est plus un repère fiable : elle devient un instrument.

Là où Caraval exaltait l’illusion et la magie des apparences, cette trilogie en révèle les coulisses. Au Sud, à Valora, dominait la chaleur du spectacle ; dans le Grand Nord, le décor se refroidit et se durcit. Les arches ne promettent plus seulement l’émerveillement : elles ouvrent sur des luttes de pouvoir. Les objets magiques sont convoités, les alliances se négocient, et les rumeurs circulent plus vite que la vérité.

Les médias façonnent les réputations, fabriquent des coupables, condamnent sur des on-dit. L’enchantement cède la place à la stratégie.

Dans cet univers faussement enchanteur, saturé de récits contradictoires, de lignes de temps alternatives, d’amnésies, d’artefacts et de créatures mythiques, où certaines vérités ne peuvent être dites, Évangéline cesse enfin de croire aveuglément aux histoires qu’on lui raconte. Elle apprend à discerner, à observer, à relier les signes plutôt qu’à s’y abandonner.

En écho à Caraval, qui mettait en scène l’illusion comme spectacle, cette trilogie explore l’envers du récit : sa capacité à manipuler autant qu’à révéler. Les histoires peuvent tromper, masquer, orienter les regards — mais elles peuvent aussi devenir un levier d’émancipation. Tout dépend de celui ou celle qui les raconte, et de celui ou celle qui choisit d’y croire.

Derrière les bals, les malédictions et les serments éternels, la série interroge ainsi la puissance des narrations qui façonnent nos perceptions. Certes, l’ensemble reste une romantasy destinée à un public jeunes adultes, où la noirceur demeure adoucie par l’enchantement. Mais sous le vernis scintillant subsiste une question plus troublante : les histoires que nous nous racontons construisent-elles notre réalité, ou ne font-elles que la travestir ?

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Pâques : le choc du Réel

La fête de Pâques est une célébration liée à la pédophilie où on mange, non pas le corps du « Christ », mais plutôt celui d'une entité vampirique qui pénètrera l'individu.

Jésus représente la mémoire planétaire de chaque individu. 

À Noël, cette mémoire est figurée sous la forme d’un enfant, personnifiant l’innocence et la naïveté de l’Âme. 

Elle sera ensuite sacrifiée à Pâques, marquant symboliquement sa mise à mort (retour en astral), puis replacée dans le cycle des réincarnations afin de poursuivre l’exploitation énergétique. 

C’est là une version condensée d’un fait bien connu des hautes loges occultes.

Texte original de ISO V. SINCLAIR

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Suis-je la matrice ?

La matrice n’est pas un lieu. Elle n’est pas un complot extérieur. Elle n’est pas un système imposé par une force étrangère.

La matrice commence là où la conscience abdique. Le jour où l’on renonce à sa souveraineté intérieure pour un confort, une sécurité, une identité, ou une promesse de sens.

Elle s’installe quand l’on préfère réagir plutôt que voir. Quand l’on confond rêve et Vie. Quand l’on délègue sa responsabilité à un cadre, un récit, une autorité.

Mais son verrou le plus subtil est ailleurs. La matrice se referme quand on croit que les pensées sont les nôtres. Quand on ne voit plus que la pensée est un flux, un programme, une réponse conditionnée à un environnement, et non une origine.

Tant que la pensée est crue comme identité, la liberté reste théorique. Car on ne sort pas d’une prison dont on se croit le gardien.

La matrice n’a pas besoin de murs. Elle fonctionne par adhésion. Par consentement silencieux. Par habitude. Elle ne contraint pas : elle fait croire.

Et le jour où la conscience cesse de s’identifier à ce qu’elle pense, à ce qu’elle ressent, à ce qu’elle croit être… la matrice ne s’effondre pas. Elle cesse simplement d’exister.

Car ce qui tenait le système debout n’était ni le pouvoir, ni la peur, ni la structure. C’était l’oubli.

Texte original d'ÉLÉHA

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L'amour sans structure est une stratégie de perte

Machiavel a dit un jour : 

Si vous ne pouvez pas être à la fois aimé et craint, optez pour être craint.

Que voulait-il vraiment dire ?

Nous existons dans un monde qui glorifie l'amour inconditionnel, le pardon sans limite et le sacrifice de soi. On nous dit que l'homme idéal est celui qui donne tout, endure en silence et aime même lorsque cela le déchire.

Mais Nicolas Machiavel, l'un des stratèges les plus surmentaux de l'histoire, voyait les choses différemment.

Une émotion sans bornes n'est pas une vertu. C'est une vulnérabilité. Et il avait raison.

Ouvrir son cœur sans retenue, dépenser son énergie sans filtre et tolérer ce qui vous épuise, ce n'est pas de l'amour, c'est un suicide émotionnel.

La Supraconscience Vibratoire enseigne qu'il faut fermer son cœur. Pas pour nous rendre comme des robots ou insensibles, mais pour le protéger et le renforcer. Car un homme sans aplomb est une proie facile pour les abus émotionnels, même de la part de ceux qui disent l'aimer.

L'amour sans structure devient autodestruction. Plus vous donnez sans condition, moins vous êtes apprécié. Une disponibilité infinie vous rend invisible.

Votre patience, votre compassion, votre générosité deviennent du bruit de fond. Non pas parce que les gens sont mauvais, mais parce que la nature de cette simulation tient pour acquis ce qui vient sans effort. Ce qui est donné gratuitement est gaspillé. Ce qui est gagné est respecté.

C'est pourquoi la Supraconscience ne vous dit pas d'arrêter d'aimer, elle vous dit :

Aimez avec stratégie — avec Intelligence.
Aimez avec des limites.
Aimez sans vous perdre.

Beaucoup d'hommes vivent aujourd'hui en « paix » parce qu'ils ont sacrifié leur propre voix. Mais ce n'est pas de la paix, c'est de l'anesthésie. Et cette anesthésie vous vole votre dignité, votre énergie, votre leadership.

Être « froid » ne signifie pas que vous ne ressentez rien. Cela signifie que vous ne donnez pas votre énergie à ceux qui exigent plus qu'ils ne méritent. Cela signifie que vous sélectionnez à qui vous accordez votre temps et qui vous mettez à la porte, sans culpabilité.

Cela signifie que vous fixez des limites si claires qu'elles ne peuvent être franchies sans conséquences, même si quelqu'un vous traite de dur. Et si quelqu'un vous dit : « Tu as changé », acquiescez. Ce qui leur manque vraiment, ce n'est pas votre amour, c'est votre naïveté d'être utilisé.

Vous n'êtes pas ici pour être approuvé. Vous êtes ici pour être respecté. Vous n'êtes pas ici pour mendier de l'affection déguisée en dépendance, mais pour re-construire votre empire intérieur, et cela ne se fait pas en plaisant aux autres.

Comme l'a écrit Machiavel :

Le renard repère les pièges.

Soyez donc de fins renards !

Texte original de ISO V. SINCLAIR

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Souveraineté vs dissolution

Il existe un courant de pensée qui voudrait vous faire croire que la « véritable spiritualité » consiste à abattre toutes vos barrières, à ne plus vous protéger et à vous fondre dans une « unité » où les frontières n'existent plus.

C'est le piège le plus sophistiqué de la prédation vibratoire. On vous dit que « se protéger » est un signe de peur. 

Dans le Réel, une frontière est une limite de propriété. Votre corps et votre espace vibratoire sont votre territoire souverain.

Un électricien ne touche pas les câbles à nu par « amour de l'unité » — il utilise des gants parce qu'il respecte les lois de l'énergie. La souveraineté, c'est l'isolation de vos circuits pour que votre voltage ne se perde pas dans la masse.

L'idée que « Tout est Un » et qu'il n'y a personne à centrer est une invitation au squat énergétique. Si vous cessez de vous centrer, vous devenez une zone vacante.

En niant votre « personnage » (votre structure physique et mentale), vous laissez la porte ouverte à toutes les programmations extérieures. L'Unité sans discernement n'est pas de l'amour, c'est de la porosité.

La véritable maîtrise ne consiste pas à disparaître dans l'autre, mais à rester identifié à son propre Esprit au milieu du chaos.

Vous avez le droit — et le devoir — de choisir qui entre dans votre champ, ce que vous mangez, et quelle fréquence vous autorisez dans votre foyer. ​Le « non » souverain est l'acte de respect le plus pur envers votre propre existence.

Ne confondez pas la paix avec la passivité. La Lumière réelle est froide et tranchante. Restez denses, restez centrés, et gardez vos protections activées.

L'unité ne se trouve pas dans la fusion avec l'extérieur, mais dans la cohérence totale de votre propre structure.

Texte original d'ÉLÉHA

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Le Club des Mauvais Jours

Comme je l'évoquais dans 2025, l'odyssée des pages, le souci avec les séries littéraires est souvent l'essoufflement et l'enlisement de l'intrigue qui retombe généralement comme un soufflé lors du grand final. La septologie de la Tour sombre de Stephen King constitue un très bon exemple de ce phénomène, auquel la saga Harry Potter de J.K. Rowling est un parfait contre-exemple. Dans la première, l'auteur se laisse porter sans trop savoir où il va. Dans la seconde, son imagination est canalisée dans un plan de route suffisamment élaboré pour éviter à l'inspiration de trop s'éloigner de l'arc narratif principal au risque de perdre les lecteurs en chemin. 

Parue il y a dix ans, la trilogie Lady Helen est l'exception qui confirme la règle et entre dans la seconde catégorie de la cohérence narrative et de l'évolution maîtrisée avec brio du début à la fin. C'est pour moi un immense coup de cœur que je souhaitais partager sans attendre.

Romance à la Jane Austen et fantasy noire

Pour planter le décor, son autrice, l'australienne Alison Goodman, la voit comme un croisement entre Orgueil et Préjugés et Buffy contre les vampires. Un roman de mœurs teinté de fantasy noire.

Sur son site, elle explique comment, avant de se lancer dans l'écriture des trois tomes, elle a passé huit mois à lire des ouvrages et regarder des documentaires sur la Régence anglaise (1811-1820) qui fut une époque d'excès pour l'aristocratie mais également une période d'incertitude engendrée par les guerres napoléoniennes, la Révolution française et le régime de la Terreur à l'aube de la révolution industrielle et des révoltes sociales qui l'accompagnent.

Plus spécifiquement, pour le premier livre, le Club des Mauvais Jours, elle a étudié le Londres de la Régence et ce que l'on appelait « la Saison », qui correspondait à la session parlementaire de janvier à juin. C'était, écrit-elle, « la saison sociale la plus animée et la plus importante, durant laquelle les jeunes femmes faisaient leur entrée dans la bonne société et sur le marché du mariage ».

Pour le second, le Pacte des Mauvais Jours, ses recherches l'ont conduite à la station balnéaire de Brighton et la saison sociale estivale, tandis que le troisième, l'Ombre des Mauvais Jours, est entièrement consacré à la station thermale de Bath et à la saison sociale hivernale.

Alison Goodman, 2016 - Gallimard Jeunesse - 1824 pages

Lady Helen Wrexhall est donc une jeune aristocrate anglaise qui s'apprête à être présentée à la cour de la reine Charlotte — moment crucial pour son avenir social et matrimonial. Elle vit sous la tutelle d'un oncle très collet monté — sorte de Vernon Dursley de la Régence — et d'une tante bienveillante qui la considère comme sa propre fille. Orpheline depuis un naufrage qui a coûté la vie à ses parents, elle souffre en plus d'une réputation entachée par des rumeurs sulfureuses de trahison entourant sa mère.

Lord Pennworth exprimait souvent ses opinions sur les femmes et l'impiété en général, aussi bien chez lui qu'en public. Il était un admirateur de l'évangélique Hannah Moore, mais contrairement à cette dame modérée il cultivait une religion bilieuse et agressive. Sa violente campagne contre les maisons de tolérance avait attiré sur lui l'attention des caricaturistes, lesquels l'avaient rebaptisé lord Anti-Coquin dans leurs dessins féroces. Lors d'une de ses incursions nocturnes dans les papiers de son oncle, Helen avait découvert une gravure publiée de Cruikshank le représentant. Elle avait dû se mordre les lèvres pour ne pas éclater de rire devant cet étrange portrait de lui en jeune coq bombant son poitrail imposant, avec ses yeux ronds exorbités et son visage rubicond arborant le même rouge arrogant que la crête dont sa tête était coiffée.

Abuseurs et Vigilants

Avant même sa présentation, la disparition d'une domestique l'entraîne vers une réalité cachée : Londres abrite des démons infiltrés dans toutes les strates de la société.

Entre en scène le beau et ténébreux Lord Carlston, revenu d'exil après avoir été soupçonné du meurtre de sa femme. Il appartient au Club des Mauvais Jours, une organisation secrète chargée par le ministère de l’intérieur de maintenir l’équilibre face à des démons viciés (et en surnombre), appelés Abuseurs.

Ces créatures, non sans évoquer les vampires (et les Archontes), se nourrissent de l’énergie vitale des humains et de leurs émotions — peur, violence, chaos, luxure. Elles vivent incognito parmi eux, engendrent une descendance destinée à leur servir d’hôte lorsque le corps qu’elles occupent devient compromis, et s’invitent jusque dans les soirées mondaines. D’aucuns, au sein même du Club, murmurent que Bonaparte pourrait être l’un des leurs. Tant que leur existence demeure ignorée, ils maintiennent le statu quo. Le monde surnaturel ne se tient donc pas à l’écart du réel : il coexiste avec lui, invisible pour la majorité.

Les Abuseurs ne sont pas de simples prédateurs livrés à leur instinct. Ils évoluent dans un cadre, un pacte, une forme d’équilibre négocié qui encadre leur violence sans jamais l’abolir. Ils peuvent survivre, se perpétuer, contourner la fin — toujours au prix d’autrui. Ce qui glace n’est pas seulement leur prédation, mais la sophistication du système qui la rend possible : une organisation où la survie des uns repose méthodiquement sur l’effacement progressif des autres. Leur menace dépasse l’individu. Elle infiltre les lignées, traverse les corps, laisse des traces qui ne s’effacent pas sans dégâts.

Ce ne sont pas seulement des monstres. Ce sont des stratèges de la persistance. La lutte n’oppose pas le Bien pur au Mal caricatural, mais deux forces contraintes d’agir dans un monde où chaque décision laisse des victimes.

Lady Helen découvre qu’elle est elle-même, par nature, membre de ce cercle — une héritière directe. Elle possède une énergie et des dons particuliers qui font d’elle une Vigilante et l’obligent à choisir : demeurer dans une existence ultra-codifiée, faite de privilèges et d’insouciance, ou basculer dans un univers plus stimulant mais infiniment plus dangereux, où la folie constitue un risque aussi réel que la mort.

Comment Lady Helen tient en haleine

Ce qui fait de cette série un « page turner » qu'on ne peut lâcher ne tient pas qu'à sa seule dimension fantastique. Le cadre historique parfaitement restitué constitue, à lui seul, une base solide qui rend les personnages plus vrais que nature — si parfaitement campés que la personnalité seule de l'antagoniste suprême m'a suffi à l'identifier comme tel alors que son identité n'est révélée qu'à la toute fin. À croire que les mots peuvent générer une vibration et rendre des personnages de fiction « réels ». Ce qui donne matière à réflexion quant à la nature de cette simulation, n'est-ce pas ?

Mais revenons à nos personnages — ou plutôt à ceux d'Alison Goodman.

L'évolution progressive de Lady Helen, de jeune fille fleur bleue de la haute société à tueuse d'Abuseurs et réveilleuse d'âmes, est fort bien amenée car, dès le départ, derrière une soumission apparente aux contraintes sociales oppressives pour les femmes de son époque, elle n'accepte jamais passivement son destin, s'instruit en cachette sur des sujets considérés « pas pour les dames » et lutte contre cette nouvelle identité que le destin lui impose. Son parcours est d'ailleurs autant intérieur que physique : il s'agit d'émancipation dans une société qui limite drastiquement les femmes.

Son mentor, Lord Carlston, incarne la figure du héros marginal, porteur du savoir interdit et moralement ambigu qui dérange la bienpensance. Il est entouré d'une aura de mystère, si bien qu'on ne sait jamais vraiment bien où il se situe tant la ligne est floue. Une sorte de Sirius Black qui ne serait jamais allé à Azkaban.

Helen devait avouer que lord Carlston était beau, d'une beauté dure et anguleuse qui faisait paraître les hommes autour de lui presque efféminés. Toutefois, le dessin de sa bouche trahissait une brutalité franchement repoussante. Sa peau arborait un hâle contraire à la mode — Andrew et tante Leonore avaient indiqué tous deux qu'il avait séjourné sur le continent —, et le marron de ses yeux était si foncé qu'il se confondait avec la pupille noire, ce qui leur donnait une expression impénétrable. L'effet était déconcertant. Son regard semblait sans âme, comme celui du requin naturalisé qu'elle avait vu à l'Egyptian Hall nouvellement ouvert. Un froid soudain fit frémir les épaules nues d’Helen. Un tel homme ne pouvait avoir une âme — c'était un meurtrier. Et peut-être un ravisseur. Elle serra plus fort dans ses doigts la pointe de l'éventail et la miniature. Il était temps, car sa tante se tournait vers elle pour lui présenter les deux hommes.

Sans oublier une galerie de personnages secondaires savoureux, faits d'ombres et de lumière, avec leurs qualités et leurs failles qui les rendent plus humains. 

« Un certain nombre de personnages secondaires sont des personnages historiques que j'ai interprétés à ma façon, explique Alison Goodman, le régent lui-même, bien sûr, ainsi que la reine Charlotte et les princesses Mary et Augusta, Beau Brummell, lady Jersey, lord Byron, lady Caroline Lamb, lord Perceval et John Bellingham. Les événements autour de lord Perceval et de Bellingham sont authentiques, eux aussi : Bellingham a vraiment assassiné le Premier Ministre, et mon évocation des faits se fonde entièrement sur des articles de journaux et de magazines de l'époque, de même que ma description des meurtres atroces de la route de Ratcliffe. »

Même les « méchants » de l'histoire ont toujours une bonne raison de l'être. Ce sont ces nuances subtiles qui, à mon humble avis, la rendent si attachante, à tel point qu'une certaine nostalgie s'installe une fois la toute dernière page tournée.

Certes les membres du Club des Mauvais Jours sont retournés dans leur écrin d'immortalité sur l'étagère de notre bibliothèque mais les Abuseurs, eux, sont toujours bien là parmi nous. À nous d'exercer nos yeux de Vigilants et notre neutralité pour ne plus leur fournir de précieux loosh.

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Rien n'est fatal. Tout est programme.

La plupart d'entre nous passons notre existence à tenter de réparer ce qui ne va pas, convaincus qu’il suffit de comprendre, d’analyser ou de « guérir » pour aller mieux. Sans nous en rendre compte, nous ne faisons que redécorer notre cellule. Car le véritable enfermement ne vient pas des événements extérieurs, mais de ce qui les fait revenir encore et encore sous des formes différentes. Ce qui se répète n’est pas un hasard : c’est un schéma — une structure programmée.

Identification des boucles de programmation

Un schéma n’est pas une émotion isolée ni une histoire personnelle. C’est une ligne de code mémorielle inscrite dans notre psyché — parfois jusque dans notre âme — qui attire les mêmes scénarios, les mêmes dynamiques relationnelles, les mêmes impasses. Les visages changent, les décors aussi, mais la sensation finale reste étrangement identique. Rejet, humiliation, peur, insécurité. Le système se nourrit de cette charge émotionnelle répétitive. Pour lui, la souffrance recyclée est une ressource.

La matrice ne commence pas à l’extérieur. Elle commence exactement là où l'on n'a plus conscience de réagir. Certaines émotions surgissent avant toute réflexion consciente. Non pas parce qu’elles nous définissent, mais parce qu’elles ont été apprises, répétées, transmises. Ce sont des mémoires collectives, des automatismes intégrés. Des réflexes.

Une programmation se reconnaît facilement quand on sait où regarder. Elle réagit avant nous. Elle s’active toujours sur les mêmes thèmes. Elle revient même quand nous avons compris intellectuellement. Elle nous convainc que « c’est normal », que « c’est la vie ». Dès que quelque chose se déclenche sans intervention consciente, il ne s’agit pas d’une vérité intérieure, mais d’un programme. Ce qui se répète sans présence n’est pas une expérience : c’est une instruction.

Il ne s'agit plus alors de se demander pourquoi mais de savoir si ce que nous ressentons est vraiment nous.

Dissolution des codes mémoriels

On ne dissout pas une mémoire en l'affrontant ni en la travaillant. L’effort, la lutte, l’identification émotionnelle sont précisément ce qui la font perdurer. La clé n’est pas l’attaque, mais le retrait.

Quand un scénario se remet en route, le premier geste consiste à couper court au récit intérieur. Ne plus raconter l’histoire. Ne plus justifier. Nommer simplement ce qui se passe : « Tel programme vient de se mettre en route ». Cette identification à froid crée une distance immédiate.

Vient ensuite la non-réaction. Le schéma répétitif cherche une prise, une vibration, une charge émotionnelle. Si nous restons neutres, présents, étanches, il tourne à vide. Sans colère, sans tristesse entretenue, sans drame intérieur, le courant ne passe plus. Ce n’est pas de l’indifférence, c’est de la lucidité.

Puis il y a le refus de consentement. À un moment donné, il s’agit de notifier clairement que le tour de magie a été identifié. Que nous ne sommes plus le support volontaire de cette boucle. Non par la force, mais par une décision intérieure nette et tranchante.

Certes, la mémoire peut revenir. Parfois même plus intensément au début. Ce n’est pas un échec, c’est un test du système qui vérifie simplement si nous allons replonger ou rester centrés. Quand nous tenons notre position, quelque chose se met à changer subtilement mais profondément : la mémoire est encore là, mais elle n’a plus de pouvoir.

Un jour, nous remarquons que là où auparavant il y avait de la tension, un léger sourire apparaît. Plus tard, nous nous retrouvons face aux mêmes thèmes, aux mêmes types de personnes, aux mêmes déclencheurs. Mais intérieurement, ce n'est plus le même terrain. Il n’y a plus de lutte, plus de justification, plus de fuite. Juste une présence calme.

La mémoire finit alors par s’éteindre d’elle-même, faute de carburant. Il n'y avait rien à guérir. Rien à corriger. Juste à se désengager. Et ce qui disparaît n’est pas nous. C’est ce qui se nourrissait de nous.

Les êtres lucides ne cherchent pas à être heureux dans la simulation. Ils cherchent juste à se libérer des rouages de leur programmation en se détachant de ce qui ne leur appartient pas afin de s'appartenir pleinement.

D'après les publications d'ELÉHA
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Il était une fois dans les écuries

À l'occasion du passage à l'année du Cheval mardi dernier, j'ai battu le fer pendant qu'il était chaud et je suis allée faire un tour du côté des écuries, histoire de tâter le terrain. 

Et franchement ça crin. 

Jument pas : ils avaient tous l'étalon dans l'estomac, des fourmis dans les sabots, et tenaient des propos fort débridés. 

J'ai tout fait pour ne pas me laisser désarçonner en évitant de monter sur mes grands chevaux et de prendre le mors aux dents, mais ces canassons ont vraiment failli me faire tourner en bourrique. 

Et en plus, ils m'ont refilé le rhume des foins.

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2026 : des chevaux de feu sous le capot

Dans deux jours, l'Asie célébrera le Nouvel An chinois selon un calendrier basé sur les cycles lunaires. Un basculement des énergies dans le script s'opère. Une montée en régime nette : avec le Cheval de feu, le pas devient galop et la forêt1 s'enflamme. Une énergie Yang absolue, sans amortisseur.

La chevauchée archontique

Les chevaux au galop
On les retient vers les champs de blé
Prends mon chemin enfin
En chevauchée des étriers
On les retient

"La chevauchée des champs de blé", Indochine (1987)

Selon la légende2 de la Grande Course organisée par l'Empereur de Jade, le Cheval, puissant et confiant, perdit sa place à cause du Serpent caché dans ses sabots. Surpris à l’arrivée, il réagit trop vite… et se vit ravir la sixième place par ce dernier.

Sous ses faux airs de vraie faux, le sept (7) est d'ailleurs considéré comme un nombre divin et sacré. En réalité, c'est celui de la boucle démiurgique. Le septième arcane3 du tarot représentant la dissonance cognitive sous la forme d'un Chariot mu par deux chevaux au galop : un blanc, un noir (la dualité), chacun tirant dans une direction opposée. La tradition ésotérique évoque la puissance de direction de celui qui tient les rênes. Mais le message est erroné car l'avatar (le conducteur du chariot) demeure sur le plan horizontal de l'Âme incarcérée dans la Matrice  — alors que l'Esprit s'élève au-dessus de la dualité sans rapport de force.

À bride abattue

La symbolique du Cheval est limpide : il incarne l'énergie, la franchise et la spontanéité — mais aussi la réactivité émotionnelle qui est l'un des piliers matriciels et qui peut le faire dévier de son axe. Le feu Yang, dont il est question, n'est pas le feu froid tranchant de l'Esprit qui éclaire mais le feu ardent destructeur de Mars et ses énergies guerrières qui embrasent tout.

Et nous là-haut et tous nos vaisseaux le jour sera rouge
Et puis là-haut défier le ciel et tous les drapeaux
Nous marcherons ensemble nous les mauvais anges nous les refusés
La vie ne nous touchera pas, nous les mauvais anges d’un autre baiser.

"Le fond de l'air est rouge", Indochine (2013)

Il faut bien comprendre que le zodiaque (occidental ou chinois) est une cartographie holographique de programmation et non un outil de découverte de soi comme je l'ai longtemps cru et évoqué à tort. Sauf, bien sûr, pour l'Âme privée de son Esprit qui tient à s'identifier au rôle qui lui a été assigné. Je sais, ça pique un peu — beaucoup même. Mais je suis moi-même la première à absorber l'onde de choc. Ce n'est pas tant que tout ce qui est dit soit faux, mais qu'un thème astral est justement cela : un scénario astral dont nous sommes le personnage principal. Ce protagoniste et son histoire, ce n'est pas nous.


©la Pensine Mutine

Ainsi, la programmation planétaire, comme l'explique Iso V. Sinclair, « est un aspect de la Matrice qui nous maintient dans un certain état fréquentiel. En étudiant ces influences à travers l'une ou l'autre des astrologies, on peut commencer à identifier les schémas répétitifs, emprises et influences qui façonnent notre perception de notre réalité. Cependant, l'objectif ultime est de dépasser ces programmations, en réalisant que notre essence réelle n'est pas limitée par les configurations astrales ou les cycles planétaires archontiques. La Supraconscience nous invite à observer ces influences sans s'y attacher, à reconnaître leur existence tout en sachant que nous sommes bien plus que les traits et les tendances qu'elles peuvent décrire. »

En d'autres termes, l'être devenu conscient peut craquer le code de sa prison vibratoire en étudiant avec discernement les courants astraux qui le manipulent — sachant qu'il y aura toujours une part de vérité/mensonge — pour en extirper les perles de cette boue astrale afin de se libérer de ces influences pour atteindre un état de conscience supérieur.

La ruée dans les brancards

Pour 2026, les concepteurs de cette simulation mortifère ont donc prévu de mettre un coup d'accélérateur au tempo et le feu aux poudres. La combinaison Yang-Yang du Cheval de feu ne tempère rien : elle amplifie. L'idée devient action. Le désir devient urgence. L'hésitation devient coûteuse.

Ce n’est pas une année de confort ni de prudence. C’est une année d’initiatives rapides, de projets lancés sans tout verrouiller, de changements assumés en cours de route. Le monde accélère parce que l’immobilité devient plus risquée que l’essai.

Mais l’enjeu central n’est pas la vitesse. C’est la maîtrise de sa propre vitesse.

Un cheval lancé peut aller loin — à condition que le cavalier reste lucide et tienne la direction.

Pour bien naviguer, il sera préférable de canaliser l'élan plutôt que de le freiner ; de faire preuve de patience sans étouffer l'audace ; d'innover et de sortir des sentiers battus.

Des chevaux et des rats

Cette conception matricielle repose sur un schéma de prédation, à l'image des Archontes qui intègrent dans la programmation zodiacale des signes ennemis (adversaires) et des signes compatibles pour perpétuer cette polarisation, cette friction, cette dualité.

L'aube rugit à faire trembler la charpente,
J'ai l'impression d'avoir dormi dans une cave pleine de serpents.
On m'a coupé les ailes et enduit les semelles de glu,
Alors si tu comptes être mon ennemi, moi aussi, je peux être le tien.

"Be My Enemy", The Waterboys, 1985

©la Pensine Mutine

Il en va ainsi de même pour les « années ennemies » qui sont les années lunaires correspondant au signe zodiacal opposé au vôtre dans le cycle des douze animaux chinois. 

Ces années, marquées par une polarité augmentée, ont en effet tendance à apporter des énergies conflictuelles et déséquilibrées et demandent donc une vigilance accrue. 

Sont concernés, en 2026, les natifs du Rat (1936, 1948, 1960, 1972, 1984, 1996, 2008, 2020).

Fait intéressant à noter, l'année correspondant à votre propre signe n'est pas une année de « chance » mais plutôt de « malchance ». 

Natifs du Cheval (1930, 1942, 1954, 1966, 1978, 1990, 2002, 2014), soyez avertis.

À tous, bon rodéo (électrique) dans les arènes du Démiurge !

Notes et références

  1. ^ 2025 était l'année du Serpent de bois.
  2. ^ À noter que les légendes varient et qu'il est aussi parfois question de treize animaux dont le Chat qui a finalement été exclu mais substitué au Lapin dans le zodiaque vietnamien.
  3. ^ Arcane signifie secret hermétique.

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Le paradis est truffé de bons chocolats

Pourquoi réserver les truffes aux périodes de fêtes ? Qui décide de quand vous pouvez vous faire plaisir ? Je vous invite à tester dès maintenant cette recette gourmande bien plus savoureuse mais surtout beaucoup plus saine et moins calorique que celles que vous avez pu goûter à Noël.

Ingrédients

Pour 20 truffes :

- 200 g chocolat noir
- 150 g crème de coco
- 2 cuil. à soupe sirop d'agave
- 150 g de noisettes décortiquées

Réalisation

Faire fondre au bain-marie le chocolat avec la crème de coco et le sirop d'agave.

Laisser durcir 2h au réfrigérateur.

Torréfier les noisettes à 180°C sur une plaque à four. Laisser dorer 15 minutes, en retournant toutes les 5 minutes. 

Hacher les noisettes.

Former des boules avec la pâte et les rouler dans les noisettes hachées.

Ces truffes se conserveront au réfrigérateur dans une boite hermétique tapissée de papier sulfurisé.

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L'arnaque matricielle du voile de l'oubli, du karma et des annales akashiques

Nous avons tous entendu parler du karma, du voile de l’oubli et des annales akashiques. Ces concepts sont omniprésents dans la spiritualité New Age et même dans certaines traditions anciennes. Mais que se passerait-il si tout cela était en réalité un immense système de contrôle ?

Pourquoi oublions-nous nos vies passées ? Qui décide de ce que nous devons payer ? Et ces annales akashiques contiennent-elles vraiment la vérité ? 

Aujourd’hui, nous allons voir comment ces trois concepts fonctionnent ensemble pour maintenir l’humain captif dans la matrice.

Le voile de l'oubli

Commençons par cet outil de manipulation qu'est le voile de l'oubli.

On nous enseigne qu'à chaque réincarnation, nous oublions nos vies passées afin d’éviter d’être accablés par des souvenirs traumatisants. Le voile de l’oubli serait une protection permettant de recommencer sur une nouvelle page blanche.

Mais alors, si ce voile est systématique, pourquoi certains enfants se souviennent-ils de leurs vies passées ? 

Le voile de l’oubli n’est pas naturel. Il s’agit d’une technologie de réinitialisation matricielle, un brouillage volontaire de la mémoire destiné à nous empêcher de percevoir la nature cyclique et forcée de l’incarnation.

Et si l’oubli était une bénédiction, pourquoi certains enfants, comme l'ont démontré les découvertes de Robert Monroe, conservent-ils des souvenirs qui finissent par disparaître en grandissant ?

Le fait est que la mémoire n’est pas perdue, mais verrouillée. Seule une connexion avec l’esprit véritable permettrait de retrouver une mémoire authentique, non filtrée par la matrice.

Le karma

Examinons maintenant la prison morale du karma.

Il nous est dit que nous devons « payer » pour les erreurs de nos vies passées. Nos souffrances actuelles seraient dues à des actions antérieures, et nous nous réincarnerions pour apprendre des leçons et évoluer spirituellement.

Le karma n’est pas une loi cosmique, mais un programme de recyclage des âmes. Si nous ne nous souvenons de rien, comment pouvons-nous apprendre et progresser ? Ce système force les âmes à accepter des souffrances inutiles et perpétue leur captivité.

Pourquoi certaines âmes « mauvaises » mènent-elles des vies privilégiées, alors que d’autres souffrent dès la naissance ?

Cette dette imaginaire n'a rien d'une justice divine, mais tout d'un mécanisme de servitude qui renvoie l’âme dans la matrice astrale après chaque mort.

Les annales akashiques

Ce qui nous amène au miroir astral souvent instable que constituent les annales akashiques.

Les annales akashiques sont souvent décrites comme une immense bibliothèque cosmique contenant toutes les mémoires du passé, du présent et du futur. On y accéderait par méditation, hypnose ou à travers les « gardiens akashiques ».

Mais ce que l’on nomme « annales akashiques » semble être, en réalité, une mémoire astrale — partielle, instable, et souvent influencée par la matrice. Si ces archives reflétaient la vérité pure, pourquoi les récits changent-ils selon ceux qui y accèdent ? Pourquoi renforcent-elles presque toujours le dogme du karma et la nécessité de se réincarner ?

Plutôt qu’une source fiable, elles ressemblent à une base de données vibratoire conditionnée par les filtres de l’astral.

Consulter ces archives reviendrait à chercher la vérité sur Internet, sauf que les résultats sont triés par un moteur de recherche invisible.

Et si elles offraient vraiment un savoir libérateur, pourquoi l’humanité reste-t-elle engluée dans autant de confusion et d’amnésie spirituelle ?

L'objectif caché du système

Le voile de l’oubli, le karma et les annales akashiques forment une prison invisible servant un objectif caché du système.

Le voile de l’oubli empêche de voir le cycle d’incarnation forcée, tandis que le karma pousse l’individu à accepter sa condition, et les annales akashiques entretiennent l’illusion du savoir.

Si ces outils étaient vraiment là pour notre bien, pourquoi nous empêchent-ils de comprendre la véritable nature de la matrice et de notre enfermement ?

Comment se libérer de ces illusions ?

Robert Monroe, un explorateur du voyage astral, a découvert que la réincarnation n’était pas une évolution, mais un système de recyclage forcé.

Pourquoi nous inciter à revenir encore et encore, si ce n’est pour nous maintenir dans un cycle de servitude énergétique ?

Les témoignages abondent de vies de souffrance de personnes persuadées expier ainsi de prétendues erreurs passées dont elles n'ont pourtant aucun souvenir et dont certains gourous profitent afin de leur vendre des « soins karmiques ».

Pourquoi des gens passent-ils leur vie à essayer d’effacer un karma dont ils ne se souviennent même pas ? Ne serait-ce pas un piège ?

Parmi les figures influentes qui ont promu le concept des annales akashiques, on trouve Linda Howe qui en véhicule une vision « positive » mais dont les récits sont incohérents ; Dolores Cannon, connue pour ses travaux d'hypnose régressive, mais dont les témoignages des patients sont souvent contradictoires ; et Edgar Cayce, surnommé le « prophète dormant » qui prétendait puiser dans les annales, mais dont certaines des prédictions se sont avérées inexactes.

Il semblerait donc que les lectures akashiques soient influencées par des filtres astraux et ne soient pas des vérités absolues.

Il faudrait donc éviter de rechercher ses vies antérieures via l’hypnose ou la méditation car c'est un piège astral. Eviter également de chercher à « purifier son karma » car cela alimente le système et ne pas tenter d’accéder aux annales akashiques car elles sont fortement sujettes aux filtres matriciels et à l’incohérence astrale.

Et au contraire, reprendre son autorité vibratoire et rejeter l’idée de dettes karmiques ; comprendre que nous ne sommes pas des âmes, mais des esprits captifs d’un corps matriciel ; se reconnecter à son esprit, seule source fiable d’information.

Et si la véritable sortie ne consistait pas à « payer une dette », mais à réaliser qu’elle n’a jamais existé ?

En conclusion...

Le karma, le voile de l’oubli et les annales akashiques ne sont pas des outils d’évolution, mais des mécanismes de contrôle. Nous devons arrêter d’accepter ces dogmes et chercher la réalité par nous-mêmes.

Et vous, avez-vous déjà remis en question ce que l’on vous a toujours dit sur la réincarnation ?

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

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Sociologie vs Supramental

La politique n’est pas un échec. Elle fonctionne exactement comme prévu. Les élites ne sont pas incompétentes. Elles sont cohérentes avec le système qu’elles servent.

Les guerres ne sont pas des dérapages. Elles sont des outils de régulation. Les manifestations ne sont pas des révolutions. Elles sont des soupapes.

Vu d’en « bas », tout semble chaotique. Vu d’en « haut », tout est parfaitement ordonné. Mais du point de vue supramental, une évidence apparaît : ce n’est pas un combat de camps, c’est un théâtre de conscience.

Les élites jouent leur rôle : maintenir la peur, fragmenter l’attention, canaliser la colère, donner l’illusion du choix. La gauche contre la droite. Le peuple contre les puissants. Les nations contre les nations. Toujours une opposition visible, jamais la structure invisible.

La guerre nourrit l’économie de la peur. La politique nourrit l’illusion du contrôle. Les médias nourrissent la narration. Les manifestations nourrissent le sentiment d’agir. Tout nourrit le système. Même la révolte. Surtout la révolte non consciente.

Le manifestant croit lutter contre l’oppresseur, en réalité, il alimente le champ émotionnel qui permet au système de tenir. Colère, indignation, peur, espoirs déçus, sont des carburants pour la matrice.

Le système ne craint pas la foule, il craint le regard lucide, car le supra-mental voit ceci : ce monde ne tient pas par la force, il tient par l’adhésion inconsciente.

Nous participons au maintien du système, par nos peurs héritées, par nos identités défensives, par notre besoin d’ennemi, par notre besoin de sauveur.

Les élites ne sont pas au sommet, elles sont les gestionnaires d’un champ mental collectif, elles servent les intérêts des personnalités égotiques.

Et tant que la conscience reste horizontale, pour ou contre, eux ou nous, victoire ou défaite, le jeu continue. Le vrai danger pour le système n’est pas la révolution, c’est le retrait intérieur. Le moment où un être cesse de vibrer sur la fréquence proposée. Le moment où il ne nourrit plus la peur, ni la haine, ni l’espoir artificiel. Quand il voit.

L'être initié ne manifeste pas. Il désactive le programme. Et un système privé d’adhésion s’effondre toujours de lui-même.

Ce monde ne changera pas quand les élites tomberont. Puisque d'autres les remplaceront, différents et pourtant si identiques.

Il changera quand nous cesserons de croire que le combat est extérieur.

Tout est notre projection. Rien n'est plus écrit lorsque nous effaçons le programme.

Texte original d'ÉLÉHA

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La matrice ne tient pas par la force

La matrice ne tient pas par la force. Elle tient par l’adhésion invisible. Ce qui permet au rêve de durer. Aucune prison ne tient par la force. Elle tient par l’accord de ceux qui y vivent. 

On n’enferme pas une conscience. On lui propose un cadre…et elle s’y installe d’elle-même.

Le consentement ne ressemble pas à un « oui ». Il ressemble à l’habitude, l’espoir, la peur de perdre, le besoin de sens, l’attente d’une récompense…

Tant que vous attendez quelque chose du système, vous avez déjà consenti.

Tant que vous cherchez une amélioration, vous acceptez le cadre.

Tant que vous demandez une permission, vous reconnaissez une autorité.

La domination la plus parfaite ne fait pas de bruit. Elle rassure. Elle explique. Elle promet. Et surtout, elle laisse croire que l’alternative n’existe pas.

Le consentement n’est pas moral. Il est structurel.

Le retirer ne demande ni colère, ni lutte, ni révolution. Il demande une seule chose : cesser d’y croire. Le jour où vous n’adhérez plus, le mécanisme tourne à vide. Et ce jour-là, le système ne s’effondre pas. Il devient simplement inutile.

Aucun pilier de la matrice n’a été imposé. Tous ont été acceptés.

Texte original d'ÉLÉHA

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2025, l'odyssée des pages

2025 aura été, à tous points de vue, une année difficile. Tant au niveau des prises de conscience brutales que sur le plan événementiel. Résultat : j’ai beaucoup moins eu le temps de lire.

Dans la sélection ci-dessous ne figure pas la saga Harry Potter que j'ai revisitée intégralement sous forme audio, avec les voix de Bernard Giraudeau (tomes 1-4) et Dominique Collignon-Maurin (tomes 5-7). Deux formidables acteurs (tous deux aujourd'hui décédés) qui apportent une dimension supplémentaire au récit sans enfermer l'imaginaire comme c'est malheureusement le cas (et le but) des films.

Ne figure pas non plus le premier volume de l'Élixir d'oubli, adaptation du deuxième tome du Paris des Merveilles de Pierre Pevel que l'on pensait compromise avec le décès brutal d'Étienne Willem qui en avait réalisé une quinzaine de planches. C'était sans compter sur le talent de Capia, une jeune dessinatrice belge qui a su reprendre avec brio le style graphique de son prédécesseur pour notre plus grand plaisir. Même si c'est difficile de se dire qu'Étienne, qui semblait tout droit sorti d'une de ses BD avec son kilt et sa pipe, ne reviendra plus jamais hanter les salons littéraires francophones.

J'ai également lu avec bonheur l'adaptation en roman graphique du premier tome de la Passeuse de mots, une série fantastique que je vous avais présentée l'an dernier et dont je n'ai d'ailleurs toujours pas terminé le tome 4, tant le récit est devenu ennuyeux. Pourtant les deux premiers étaient palpitants. C'est bien souvent le souci avec les séries. Exception faite de celles écrites par J. K. Rowling qui sait toujours exactement où elle va et comment tenir le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page.

1. The Hallmarked Man

Un cadavre démembré est découvert dans la chambre forte d'une bijouterie. La police pense initialement qu'il s'agit d'un ancien condamné pour vol à main armée, mais tout le monde ne partage pas cette théorie. Parmi les sceptiques figure Decima Mullins, qui fait appel au détective privé Cormoran Strike, car elle est convaincue que le corps retrouvé dans la chambre forte est celui de son petit ami - le père de son enfant qui vient de naître - qui a disparu sans prévenir.
A mesure que Strike et sa partenaire Robin Ellacott progressent dans leur enquête, les dédales de l'affaire se multiplient. La boutique d'argenterie n'a rien d'ordinaire : située à côté du Freemasons' Hall, elle est spécialisée dans l'argenterie maçonnique. Outre le voleur armé et le petit ami de Decima, il apparaît clairement que d'autres hommes disparus pourraient correspondre au profil du corps retrouvé dans la chambre forte.
Alors que l'affaire devient de plus en plus compliquée et dangereuse, Strike se trouve confronté à un autre dilemme : Robin semble de plus en plus attachée à son compagnon, le policier Ryan Murphy, mais le besoin de lui déclarer ses sentiments devient plus pressant que jamais.

Robert Galbraith, 2025 - Sphere Books - 1072 pages

***

Comme je l'évoquais à l'instant, J. K. Rowling est un des rares auteurs dont les séries ne me déçoivent jamais. Et ce huitième opus des enquêtes de Cormoran Strike (publié sous le pseudonyme de Robert Galbraith) ne faillit pas à la règle. Même si je l'ai trouvé beaucoup moins intense que le précédent dans lequel Robin infiltrait une secte et s'en sortait de justesse malgré un traumatisme — qui continue d'ailleurs de la hanter dans ce nouvel épisode. C'est bien là tout l'attrait de cette saga qui mêle enquêtes complexes et rebondissements à l'évolution d'une relation tout aussi compliquée entre les deux protagonistes, exploitant le « slow burn » à son maximum. Il est clair que sans ces personnages plus vrais que nature (et non infaillibles) — beaucoup plus attachants qu'une Miss Marple ou un Sherlock Holmes d'antan —, la série perdrait certainement tout son attrait.

Que dire sans divulgâcher l'intrigue ?

Déjà qu'il vaut mieux être bilingue car visiblement, la maison Grasset, qui publie la série en France, semble être en désaccord politique avec les positions de son autrice sur les réseaux sociaux et aurait gelé la parution des deux derniers tomes — pourtant des bestsellers dans le monde entier. Bienvenue au Wokistan, le royaume des « veillés » (woke) autoproclamés « éveillés » (awake). 

Contrairement à ce que l'on pourrait croire en lisant le quatrième de couverture, les Francs-maçons ne sont pas vraiment au cœur de cette histoire. Mais chut, je n'en dirai pas plus. La pédophilie par contre… le trafic d'êtres humains... la culture de l'annulation... la manipulation... la corruption au sein de la police... L'habit fait toujours le moine. Sauf pour Cormoran et Robin bien sûr. 

Vivement le tome 9 !

2. L'Institut

Bienvenue à l'Institut. Quand les enfants y entrent, ils n'en sortent plus. Au cœur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent dans la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l'Institut, dans une chambre semblable à la sienne, sauf qu'elle n'a pas de fenêtre. Dans le couloir, d'autres portes cachent d'autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu'attend-on d'eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s'enfuir ? Aussi angoissant que Charlie, d'une puissance d'évocation égale à Ça, L'Institut nous entraîne dans un monde totalitaire... qui ressemble étrangement au nôtre.

Stephen King, 2020 - Albin Michel - 608 pages

***

Ce n'est un secret pour personne, Stephen King a longtemps été un de mes auteurs favoris. Ceci dit, avec le temps et sa productivité hors norme, j'ai un peu perdu le fil de sa bibliographie assez inégale. Et sa tendance à toujours explorer les mêmes thèmes et les mêmes types de personnages a même fini par me lasser. C'est ainsi que j'étais passée totalement à côté de cette pépite, parue en 2020, qui renoue avec le meilleur du maître de l'épouvante — cette fois, sans basculer dans le fantastique ou le surnaturel mais plutôt en exposant les monstres du réel. Non pas ceux qui guettent les petits enfants, tapis au fond des égouts (Ça), mais ceux qui viennent les kidnapper chez eux, pendant leur sommeil, pour les torturer en invoquant la raison d'état et le sacrifice patriote pour le bien commun (sic). À vomir.

Là où d'aucuns évoquent une référence aux projets de contrôle mental comme MK Ultra (aujourd'hui déclassifié), les activités de cet institut secret me semblent davantage en rapport avec un programme secret mené par l'armée américaine, pendant plusieurs décennies (de la guerre froide et jusque dans les années 90) qui avait recours à la « psychoénergétique » — la psychokinésie, la télépathie et, surtout dans le cas de la désormais célèbre expérience de Fort Meade, dans les années 70, la « vision à distance » — pour collecter des renseignements. Dans le cadre du projet Stargate, nom collectif désignant une série de programmes portant des noms de code tels que Grill Frame et Sun Streak, le gouvernement des États-Unis formait une armée de télépathes. Ou, du moins, essayait de le faire.

À noter qu'une adaptation télévisée sous forme d'une mini-série de 8 épisodes est sortie cet été sur la chaîne HBO. Même si les acteurs sont tous excellents et si le scénario reste assez fidèle au roman, certains raccourcis scénaristiques me semblent discutables d'autant qu'ils amputent l'histoire de tout son suspens. En outre, pour cibler un public adolescent, de nombreux éléments ont été édulcorés et les enfants ont l'air beaucoup plus vieux que dans le récit de King. Je conseillerais donc plutôt de lire le livre.

3. Caraval

Bienvenue à Caraval ! Le spectacle le plus extraordinaire de tous les temps ! Vous y verrez plus de merveilles que le commun des mortels au cours de toute une vie. Mais avant que vous vous plongiez dans notre univers, gardez à l'esprit qu'il s'agit d'un jeu... Nous tenterons de vous convaincre que ce qui se passe au-delà de ce portail est réel, mais ce n'est qu'illusions. Alors prenez garde à ne pas vous laisser trop emporter. Car les rêves qui se réalisent peuvent être magnifiques, mais ils peuvent aussi se transformer en cauchemars si l'on ne se réveille pas...

Stephanie Garber, 2018 - Bayard Jeunesse - 1676 pages

***

Je l'avoue : j'ai toujours détesté les romans à l'eau de rose. Et ce n'est pas ce qu'est la trilogie Caraval (ou quadrilogie si l'on tient compte d'une novella « bonus » uniquement disponible en anglais) même si elle est étiquetée « romance fantastique ». Destinée à un public de « jeunes adultes », on est bien loin de l'érotisme torride —  limite hardcore —  de la série Fever de Karen Marie Moning, également affublée de la même étiquette. 

Un univers carnavalesque et théâtral qui m'a tout de suite fait penser aux films de Tim Burton mais surtout aux illustrations de Ciro Marchetti —  notamment son Oracle des visions. Il est d'ailleurs question de cartes divinatoires dans les deuxième et troisième tomes, ainsi que d'un certain valet de cœur bien gratiné. 

Ma lecture de ces romans n'a sans doute rien à voir avec le message de leur autrice mais je n'ai pu m'empêcher de dresser un parallèle avec la simulation matricielle. Là encore, je ne peux expliciter au risque de divulgâcher l'intrigue. Le thème principal tourne autour des faux semblants, des projections, du rêve dans le rêve et au sens plus large de la nature de ce que nous appelons « réalité ». Dommage que le dernier tome peine à rester cohérent, mais comme je le disais plus haut, cela semble être un problème récurrent inhérent à beaucoup de sagas.

4. Le Secret des secrets

Éminent professeur de symbologie, Robert Langdon se rend à Prague pour une conférence révolutionnaire sur la noétique donnée par Katherine Salomon, avec laquelle il vient d’entamer une relation. La scientifique est sur le point de publier un essai explosif sur la nature de la conscience humaine qui pourrait bouleverser des siècles de croyances établies. Mais un meurtre brutal précipite leur séjour dans le chaos, et Katherine disparaît soudain avec son manuscrit. Langdon devient la cible d’une puissante organisation et se retrouve pourchassé par un être terrifiant issu de la plus ancienne mythologie de Prague. Alors que l’intrigue se déploie à Londres et à New York, Langdon cherche désespérément Katherine… et des réponses. Dans une course contre la montre à travers le double monde de la science futuriste et de la tradition mystique, il découvre une vérité choquante sur un projet secret qui changera à jamais notre conception de l’esprit humain.

Dan Brown, 2025 - J.C.Lattès - 704 pages

***

Je ne m'en cache pas, j'adore les romans de Dan Brown pour évacuer le trop-plein routinier et ennuyeux de mon quotidien matriciel. Toutefois, depuis la parution du Da Vinci Code en 2003, j'ai vite compris qu'il ne fallait surtout pas y voir autre chose que de la fiction surfant sur la vague ésotérico-complotiste en vogue depuis les événements du 11 septembre. 

Après huit ans d'absence et 250 millions de livres vendus, la formule fonctionne toujours, faisant de Dan Brown l'un des auteurs les plus lus (et vendus) à travers le monde. Hallucinant même de voir tous les dispositifs anti-fuite mis en place autour de la sortie mondiale de ce nouvel opus des aventures du professeur Robert Langdon. Les traducteurs ont dû  travailler durant huit mois depuis « un lieu tenu secret, un véritable bunker », et ce sans accès à internet. Chaque soir, ils devaient placer les feuilles « dans un coffre-fort, dans une pièce fermée à clé ». Et une fois les romans imprimés, ils étaient enfermés « dans des pièces surveillées par des vigiles jour et nuit ».

Amusant car dans le Secret des Secrets, il est justement question d'un important manuscrit à paraître dérobé sur le site d'un éditeur. Pour ce qui est de la traduction française, préférez le texte en anglais si vous le pouvez car elle est truffée de coquilles. À tel point que dans la scène d'ouverture, le personnage impliqué change de sexe toutes les deux phrases, si bien qu'on n'y comprend rien. Inadmissible qu'aucune relecture n'ait été faite avant parution.

Pour ce qui est de l'histoire, le thème rappelle étrangement celui de l'Institut mais contrairement à King, beaucoup plus réaliste, chez Brown, tout finit toujours bien et les méchants ne sont pas si méchants que ça finalement. Sinon, la visite guidée de Prague était plutôt sympa.

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

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Pourquoi et comment reconnaître une signature vibratoire

Aujourd'hui, la technologie a atteint un stade si avancé qu’il est devenu très facile de tout falsifier. À tel point que même les experts ont parfois du mal à distinguer ce qui est réel de ce qui est généré par une intelligence artificielle.

Dans la vie quotidienne, en dehors même des réseaux sociaux — où de moins en moins de gens sont vraiment ce qu’ils prétendent être — on peut très vite se faire berner. Pas seulement par des gourous ou des escrocs, mais aussi par des manipulateurs, des pervers narcissiques, ou de faux amis.

Pourtant, il existe un moyen infaillible de savoir à qui vous avez réellement affaire : la signature vibratoire. On la reconnaît non pas à ce que l’on voit, entend ou ressent, mais uniquement à la vibration.

Une signature vibratoire est inimitable. Un peu comme une empreinte digitale fluidique ou un code crypté. Imaginez-la comme une onde unique, qu'il est impossible de dupliquer, composée de fréquences spécifiques à chaque individu ou entité.

Les entités peuvent effectivement imiter la forme, la voix et même le comportement, mais elles ne peuvent masquer ou falsifier leur signature vibratoire. C'est leur sceau, une empreinte subtile qui reste intacte et reconnaissable par ceux qui sont capables de la lire.

C’est pourquoi il est essentiel de s’exercer à percevoir l’énergie qui se cache derrière les apparences et les formes. En matière de discernement, ne vous fiez ni à vos sens ni à vos impressions.

Détecter une signature vibratoire, c'est comme reconnaître un parfum particulier dans une pièce bondée : vous ne pouvez le confondre avec aucun autre. C’est, en somme, une sorte de clé que nul ne peut s’approprier ni dupliquer. 

Le secret pour lire une signature vibratoire est la neutralité absolue — à savoir une absence d'émotion et de polarisation bien/mal, lumière/ombre, vérité/mensonge, etc. 

Pour parvenir à voir derrière la forme, il faut absolument cesser de croire. Toute forme est trompeuse. Les entités, les visages, les mots, les scénarios. 

Entraînez-vous à regarder au-delà, percevez l’onde derrière la forme.

Refusez l’adhésion affective. L’affect colore, magnétise, déforme. Soyez toujours en mode observateur.

Maintenez un état d’alerte stable, sans crispation. Cela crée une cohérence électrique dans vos corps subtils qui devient un capteur de failles fréquentielles.

Exercez votre radar. Faites-le dans les lieux publics, sur des inconnus, sur des discours. Ne jugez pas, évaluez. Demandez-vous : « Est-ce creux, dense, recyclé, neuf, mimétique ? Est-ce repoussant ou attirant ? » Inversez vos impressions pour embrouiller la matrice et vous allez voir jaillir le réel derrière l'impression.

Développez votre propre champ vibrationnel. Pour cela, vous devez rester fidèle à votre axe, refuser les coups bas de l'astral, et entretenir une cohérence entre vos décisions et vos actes. Votre vibration deviendra alors une lame pour trancher les différentes couches de la simulation.

Les masques bougent — la signature reste. 

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2026 : Devenir souverain

Chaque début d'année, nous avons des attentes, des espoirs, qui produisent beaucoup d'excitation ou d'anxiété et qui se soldent inévitablement par des déceptions et de la frustration. 

Une belle récolte de loosh pour la matrice.

Profitons de ce nouveau cycle — qui n'a absolument rien de nouveau — pour rompre enfin la boucle en nous focalisant sur notre axe au lieu de nourrir les scripts, peu importe leur polarisation positive ou négative. 

Ce n'est pas un souhait, c'est une décision souveraine.

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