L'amour vrai sait attendre

Afin d'illustrer le thème de la Saint Valentin, je cherchais une « lovesong » qui ne soit ni trop nian-nian ni trop versée dans le pathos ou le romantisme à deux balles, tout en restant dans mes préférences musicales — ce qui, à vrai dire, ne laissait pas grand chose à se mettre sous la dent. J'ai d'abord bien évidemment songé au fameux "All You Need Is Love" des Beatles, bien trop cliché et bien trop couru en cette occasion. Je m'étais ensuite rabattue sur un morceau de Muse intitulé "Endlessly" — que j'avais même traduit et programmé — avant d'entendre, finalement, cette mélodie magnifique et la petite voix de Thom Yorke, quelque part, émerger dans ma tête, à la dernière minute, au sortir d'un profond accès de blues, répétant inlassablement que « l'amour vrai sait attendre ». Alors oui, bien sûr, c'est exactement LA chanson que me devais de publier (et tant pis si Bellamy fait la gueule). Certes, la notion d'amour vrai y est ici très désespérée voire cynique et désabusée (c'est du Yorke hein, pas du McCartney !) mais donne matière à réfléchir et à s'interroger sur ce qu'est réellement l'amour au sens véritable. On en parle beaucoup mais combien le vivent vraiment ? Dans un monde de paraitre, dominé par l'ego et l'avilissement et l'asservissement des êtres, il me semble que cela n'a rien d'un sujet léger ni négligeable. Je dirais même que l'amour est une grande force et une inspiration, que l'on ait la chance de pouvoir le partager ou qu'on l'ait simplement en soi. Alors en référence directe au billet d'hier et pour contre-paraphraser Gainsbourg via sa chanson pour Vanessa, pourquoi tant de N dans je t'M ?

True Love Waits

J'étoufferai mes convictions
Pour porter tes enfants.
Je m'habillerai comme ta nièce
Et laverai tes pieds gonflés.

Mais ne pars pas —
Ne pars pas.

Je ne vis pas,
Je ne fais que tuer le temps.
Tes petites mains,
Ton sourire de chaton fou.

Mais ne pars pas —
Ne pars pas.

Et l'amour vrai sait attendre
Dans les greniers hantés.
Et l'amour vrai se nourrit
De sucettes et de chips.

Mais ne pars pas —
Ne pars pas.

Mais ne pars pas —
Ne pars pas.

Thom Yorke, 2001

À propos de cette chanson

Ce morceau interprété par Thom Yorke en solo est, en fait, une chanson de Radiohead que le groupe aurait jouée pour la première fois sur scène, en 1995, lors de la tournée promotionnelle de leur second album The Bends. Bien que vite devenu un titre très demandé par le public, aucune version studio n'a, à ce jour, jamais été enregistrée.

Les paroles se placent du point de vue d'une femme brûlant de connaitre l'amour vrai et simplement « du désir de ne plus être seule ».

Au sujet de la ligne « Je m'habillerai comme ta nièce », Yorke explique qu'il fait référence à « ce qui différencie les jeunes des vieux lorsque l'on se met à s'habiller et se conduire en accord avec son âge. Cette personne propose de ne pas le faire pour garder son partenaire ». À noter que dans certaines versions, il n'est plus question de « nièce » mais d'« infirmière » ou encore « Pour que tu sois en paix » au lieu de « Pour porter tes enfants ».

Pour ce qui est des « sucettes et des chips », ce passage lui aurait été inspiré d'un « article au sujet d'un enfant d'environ 5-8 ans qui aurait été laissé seul à la maison pendant une semaine par ses parents partis en vacances et aurait survécu en se nourrissant de sucettes et de chips. » Véridique.

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

Partager :

Aucun commentaire:

À l'affiche

La panthère du lac

À l'approche d'Halloween, je comptais publier un article d'Alanna Ketler sur la symbolique véritable du chat noir que je m'...

Derniers articles

Formulaire de contact

Nom

E-mail *

Message *